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"On dort dans la voiture!": à Marseille, des voyageurs bloqués depuis plusieurs jours par des grèves

A Marseille, des milliers de voyageurs sont toujours en rade de bateau, notamment pour aller vers le Maghreb.

Bloqués. A Marseille, depuis mardi, le grand port maritime est complètement paralysé par un double mouvement social: la mobilisation des dockers contre la réforme des retraites et celles de salariés de La Méridionale. 

Des milliers de voyageurs sont en rade de bateau, notamment pour aller vers le Maghreb ou la Corse. Des grilles fermées et des blocs de bétons empêchent plusieurs centaines de voyageurs d'accéder aux bateaux. Devant l'entrée du port, des dizaines de voitures sont à l'arrêt: "On est coincés entre le marteau et l'enclume", râle un conducteur.

"Les enjeux sont tels que si un accord n'est pas scellé, la casse sociale sera sans précédent"

Impossible d'embarquer direction l'Algérie. C'est le cas de Lyes, par exemple, venu de Genève: "Je vais voir ma famille. j'ai arrêté toute ma vie, j'ai pris un congé au travail et là, j'arrive ici et on me dit de rentrer chez moi? Non, je reste ici".

Karim et sa famille ont fait le même choix, quitte à passer des nuits très compliquées: "On dort dans la voiture, avec le petit. Il faut mettre le chauffage la nuit parce qu'il fait froid mais il n'y a pas d'autres solutions". 

Une colère, que comprend Cyril Venouil, délégué du syndicat STC à La Méridionale, l'un des syndicats qui bloquent le port: "La situation, en dehors de celle du port de Marseille, même si nous comprenons qu'elle puisse gêner, elle passe en second plan par rapport à notre situation et à nos emplois. Les enjeux sont tels que si un accord n'est pas scellé, la casse sociale sera sans précédent au sein de la compagnie et on parle de centaines d'emplois".

"Aujourd'hui ils ne bloquent plus l'économie, ils sont en train de la tuer"

Aux côtés de ces salariés, des dockers appelés à bloquer le port pour dire non à la réforme des retraites. Deux mouvements sociaux qui mettent en danger l'activité du port, selon Michel Mattar, secrétaire général de l'Union des entreprises de transport et de logistique en méditerranée.

"La CGT affichait sur le port de Marseille: 'Bloquons l'économie', aujourd'hui ils ne la bloquent plus, ils sont en train de la tuer. Nous avons de nombreuses entreprises qui, depuis une semaine, demandent le chômage partiel, les armateurs détournent les bateaux sur l'Italie et l'Espagne, donc je crains qu'ils prennent des décisions irréversibles".

Des craintes d'autant plus forte que la CGT n'exclut pas de renouveler ce type de blocage si le gouvernement ne recule pas sur la réforme des retraites.

Margaïd Quioc et Martin Bourdin (avec C.P.)