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Passe d'armes entre la CGT et le gouvernement: "La CGT adopte une situation de surenchère"

REACTIONS - Après les raffineries, la CGT-RATP, premier syndicat à la RATP, a appelé les agents à la grève illimitée à partir du 2 juin pour demander la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait du projet de loi Travail.

Le bras de fer se poursuit mardi entre le gouvernement et la CGT qui a durci sa contestation de la loi Travail pour obtenir son retrait. Une intervention des forces de l'ordre a permis tôt mardi matin de débloquer la raffinerie et le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), paralysés depuis la veille par des militants CGT. Face au mouvement de grèves et blocages de raffineries et aux difficultés croissantes d'approvisionnement, Manuel Valls avait lundi accusé le syndicat de "dérive" et de "chantage".

Plusieurs ministres sont montés au créneau pour critiquer la centrale dirigée par Philippe Martinez, en pointe contre le projet de loi El Khomri depuis le 9 mars. La CGT, premier syndicat à la RATP, ayant aussi appelé les agents de la régie parisienne des transports à une grève illimitée à partir du 2 juin pour demander la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait du projet de loi Travail.

"Le gouvernement méprisent les ouvriers"

Pour Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne, "la CGT adopte une attitude de surenchère, jusqu'au-boutiste, qui, sur le fond, ne se justifie plus. En effet, nous avons un nouveau texte sur la loi Travail, très différent de celui qui avait motivé au départ ces actions". "On se demande même ce qu'ils feront le jour où ils auront de vrais textes qui viendront casser la loi du travail, ajoute-t-il. A force de crier au loup plus personne ne les croira et on sera dans une situation où, quand nous serons face à une vraie casse, ils n'auront plus personne derrière eux".

De son côté, Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, considère qu'"en réalité ce sont les membres du gouvernement qui sont en situation d'affolement. Ils n'ont que mépris à la bouche pour parler d'une organisation syndicale représentative. Cela suffit ce vocabulaire méprisant !" Et d'ajouter: "Le paradoxe de tous ces gens, de tous ces socialistes qui font la leçon en permanence, c'est que d'un côté ils fêtent le 80ème anniversaire du Front Populaire mais que 80 ans plus tard ils méprisent les ouvriers qui luttent pour que leurs conditions de travail ne soient pas détériorées".

Maxime Ricard avec Annabel Roger