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Plan social chez Camaïeu: le tribunal de commerce de Lille écarte l'offre de reprise du PDG de l'enseigne

Deux offres de reprises de Camaïeu sont favorites dont celle de l'ancien PDG qui menace le plus d'emplois.

Le tribunal de commerce de Lille a choisi lundi la Financière immobilière bordelaise pour reprendre 2659 salariés sur les 3100 de l'enseigne de prêt-à-porter féminin Camaïeu, en redressement judiciaire. "C'est une victoire d'une entreprise, c'est aussi une victoire du droit", a assuré àl'AFP l'avocat de la FIB Olivier Pardo, ajoutant son souhait de voir Camaïeu redevenir "l'immense entreprise qu'elle a été".

Deux offres étaient en lice, celle de La Foncière Immobilière Bordelaise et celle de l'actuel PDG du groupe, Joannes Soënen, qui veut reprendre sa propre enseigne, en supprimant plus d’emplois et en fermant plus de boutiques. 

"Il efface les dettes, tant pis pour les fournisseurs, tant pis pour leurs salariés!"

La colère des salariés était encore visible devant le siège social à Roubaix des traces de palettes brûlées devant l’entrée. Avant la décision du tribunal de Lille, le délégué syndical Nordine Misraoui faisait part de son étonnement que le PDG puisse déposer le bilan, puis racheter son activité : "C'est un plan social déguisé, c'est clair et net".

Un procédé légal facilité par le gouvernement avec la crise. Un simple effet d’aubaine dénonce cet élu CFDT : "Il efface les dettes, tant pis pour les fournisseurs, tant pis pour leurs salariés! C'était prévu pour les entreprises en difficulté à cause du Covid-19, mais ce n'est pas le cas pour nous, c'est lui qui est là depuis longtemps qui a amené l'entreprise dans cette situation".

Laura Taouchanov et Nicolas Traino (avec Guillaume Dussourt)