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Réforme des retraites: chez EDF, un taux de grévistes supérieur à 2019

Avec 44,5% de grévistes à la mi-journée ce jeudi contre la réforme des retraites, la mobilisation est plus forte à EDF qu'en décembre 2019.

Plus de grévistes qu'il y a un peu plus de trois ans, à EDF. A la mi-journée, le taux de salariés en grève chez l'énergéticien s'élève à 44,5% de l'effectif total, ce jeudi. Un chiffre beaucoup plus important que lors des précédentes manifestations de ce type. Le 5 décembre 2019, 36,5% des salariés étaient en grève à la mi-journée contre le précédent projet de réforme des retraites. C'était alors la journée de mobilisation la plus suivie.

Baisse de production

Les grévistes ont procédé à des baisses de production d'électricité, dans les barrages et les centrales nucléaires, atteignant au moins l'équivalent de deux fois la consommation de Paris.

La puissance disponible sur le parc nucléaire devait tomber à 63% à midi, contre 72% prévu par EDF, selon des données EDF analysées par l'AFP. Le mouvement de grève a entraîné des indisponibilités ou baisses de production de sept réacteurs: Paluel 2, 3 et 4, Belleville 1 et 2, Chinon 3 et Gravelines 5.

"Très regrettable" pour Olivier Dussopt

"Ce n'est pas une bonne façon de se mobiliser, c'est très regrettable", a critiqué sur LCI le ministre du Travail Olivier Dussopt à propos de cette baisse de la production électrique.

"Il y aura des coupures d'électricité, des chutes de tension même si ce sont des travailleurs responsables et ils ne font évidemment pas n'importe quoi", a prévenu le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez sur BFMTV. "Les piquets de grève respectent les messages de sûreté", a confirmé sur le même plateau Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT.

"Depuis hier soir (mercredi), 12.000 MW ont été repris en main par les grévistes et sortis du réseau : l'équivalent de 800 MW dans l'hydraulique, 9.000 MW au niveau nucléaire, 250 au niveau du chauffage urbain et 2.100 MW au niveau du thermique classique", a détaillé à l'AFP Sébastien Menesplier, secrétaire général de la CGT Mines Energie.

"C'est au moins une grosse part de la production qui doit être exportée" avec "certainement une perte énorme de profit pour beaucoup de ceux qui devaient acheter ces 12.000 MW et on en est plutôt fiers", a-t-il ajouté.

LP avec l'AFP