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Réforme des retraites: les enjeux de la conférence de financement qui débute

L'Etat et les partenaires sociaux débutent ce jeudi la conférence de financement de la réforme des retraites. Ils ont trois mois pour trouver 12 milliards d'euros.

Après une journée de manifestation moins fédératrice que les précédentes, les syndicats restent déterminés et restent mobilisés contre la réforme des retraites. Ils ont appelé mercredi soir à une nouvelle journée de grève et de manifestations le 6 février.

Et ce jeudi ils se retrouvent au Conseil économique, social et environnemental pour la très attendue conférence de financement.

Le but: trouver 12 milliards d'euros d'ici à 2027 pour équilibrer le système de retraites. 

Une équation qui semble difficile à résoudre

Cette conférence, à laquelle participeront les partenaires sociaux - CGT incluse - doit remettre ses propositions fin avril.

La CFDT a demandé mercredi que l'on "qu'on réponde aux exigences de justice sociale" pour pouvoir "avancer dans la conférence de financement". Laurent Berger réclame des "avancées concrètes très rapidement", "en terme de pénibilité, retraite progressive, minimum contributif et transitions pour les agents".

Mais l'équation s'annonce extrêmement difficile à résoudre, tant les positions de départs des participants sont éloignées.

Si les syndicats opposés à la réforme ont finalement décidé de monter à bord, ils ont bien l'intention de ramer à contre-courant: la CGT et Force ouvrière plaideront pour une hausse des cotisations: une porte pourtant fermée à double tour par l'exécutif.

Le patronat ne serait pas vraiment gêné que la conférence capote

Edouard Philippe se satisferait bien d'un compromis sans eux, mais c'est loin d'être gagné d'avance. Même avec la CFDT, car Laurent Berger sous-entend qu'il pourrait quitter le train en marche si ses revendications ne sont pas retenues dans le futur système universel, sur la pénibilité et sur la retraite progressive, notamment.

Quand au patronat, il ne serait pas vraiment gêné que la conférence capote, puisque le gouvernement laisse planer la menace d'une mesure d'âge en cas d'échec. Autrement dit: faire travailler les Français plus longtemps, c'est exactement ce que demandent le Medef et la CPME.

Victor Joanin (avec J.A.)