RMC

Réquisition du personnel gréviste? "Si c'est le cas, c'est vraiment que le gouvernement n'est pas serein"

-

- - AFP

REPORTAGE - Stéphane Le Foll a affirmé mercredi 25 mai sur France Info que l'hypothèse d'une réquisition des grévistes pour faire face aux blocages des dépôts de carburants et des raffineries n'est pas à l'ordre du jour. Si cette éventualité n'est pas encore d'actualité, RMC a voulu savoir comment un éventuel recours à ces réquisitions est perçu autour des raffineries proches de l’Etang de Berre (Bouches-du-Rhône).

Lors du conflit sur la réforme des retraites de 2010, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le gouvernement Fillon avait procédé à des réquisitions d'employés dans les raffineries, à l'arrêt pendant deux semaines, et envoyé les forces de l'ordre pour libérer les dépôts. Alors que plusieurs voix à droite appellent à cette solution pour éviter les blocages, le gouvernement répète que ce n’est pas d’actualité. Stéphane Le Foll a ainsi assuré que "l'Etat et le gouvernement feront ce qu'il faut pour libérer un certain nombre de ces raffineries ou de ces stocks et pour assurer l'approvisionnement pour les Français".

Mais dans les raffineries situées proches de l'Etang de Berre (Bouches-du-Rhône) cette éventualité fait débat. Pour Johan Bencivenga, porte-parole du Medef des Bouches-du-Rhône, la réquisition des salariés des raffineries doit être envisagée pour éviter la pénurie. "Si d'ici deux-trois jours les pompes à essence ne sont pas ravitailler à cause des salariés grévistes, je demanderais une réquisition au préfet de région parce qu'on ne peut pas tenir", assure-t-il sur RMC.

"De toute manière, on contestera"

Et de présager que "d'ici deux jours probablement qu'un grand nombre d'entreprises ne pourront plus se déplacer et utiliser leur véhicule". Du côté des grévistes comme Fabien Cros, représentant CGT à la raffinerie Total de La Mède, on affirme qu’on résistera le plus possible à une éventuelle réquisition: "Il va falloir qu'ils se lèvent à trois heures du matin pour venir nous chercher et nous escorter sur les postes de chargement parce que sinon on ne viendra pas tout seul. De toute manière, on contestera".

"On est contre les réquisitions et contre le fait de casser l'exercice du droit de grève qui est quand même inscrit dans le droit constitutionnel. Si forcer les travailleurs, sous escorte armée, à briser une grève est le dernier argument, c'est vraiment que le gouvernement n'est pas serein", estime-t-il aussi. La CGT entend d'ailleurs contester devant les tribunaux toute mesure de réquisition qu’elle jugera illégale.

M.R avec Lionel Dian