RMC

"Si on veut partir en vacances on doit supprimer des activités des enfants": de plus en plus de salariés européens privés de congés faute d'argent

35 millions de salariés européens ne peuvent pas partir en vacances faute d'argent et parmi eux, plus de 3.6 millions sont des salariés français.

Cela fait plus de 4 ans que Toufik n'est pas parti en vacances avec sa femme et ses trois enfants, ensemble, en famille. Et ce n'est pas faute de chercher: "J'ai regardé pour aller en vacances à Cabourg mais pour une semaine c'est 1600 euros minimum et mon salaire ne me le permet pas"

Pourtant cet homme de 46 ans qui habite en Île-de-France a un travail: "Je suis agent de service à l'hôpital". Mais son salaire, 1500 euros par mois s'il ne travaille pas le weekend, ne lui laisse pas beaucoup de choix: "J'ai des charges de 17.800 euros à l'année et je gagne 18.000 euros. Pour partir en vacances on est obligé de supprimer des activités des enfants. On est obligé de faire des choix en fait".

Comme lui, 35 millions de salariés européens dont 3,6 millions de Français, ne peuvent pas partir en vacances cet été en raison de leurs faibles revenus révèle une enquête de la Confédération européenne des syndicats. Des personnes avec un emploi et un salaire mais qui ne gagnent pas assez pour s'offrir des congés.

"On a vu arriver un public nouveau"

Seule solution: faire appel au Secours populaire pour partir chaque année, l'association finances les vacances de nombreuses familles. Et parmi les demandeurs, de plus en plus de travailleurs faiblement rémunérés observe le secrétaire général du Secours populaire dans les Alpes-Maritimes, Jean Stellitano:

"On a vu arriver un public nouveau, des petits artisans, des petits commerçants. On a doublé l'année dernière et cette année le nombre de dispositif d'aide aux départs en vacances", assure-t-il à RMC.

Une inégalité face aux vacances dont s'indigne la confédération des syndicats européens. Elle demande une hausse du salaire minimum dans l'Union européenne.

>> A LIRE AUSSI - Isolement de 10 jours obligatoire en cas de test positif: que contient précisément le texte de loi?

Martin Bourdin (avec Guillaume Dussourt)