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Travail: passer à la semaine de quatre jours, une bonne solution?

Alors que la Belgique s'apprête à changer sa réglementation du travail, la question se pose aussi en France. Doit-on passer à la semaine de quatre jours et être plus flexible? "Il faut penser différemment l'organisation du travail", mais il y a des risques, selon Benoit Serre, vice-président de l’association nationale des DRH et invité dans l'émission Estelle Midi ce 4 octobre.

Faut-il passer à la semaine de quatre jours dans les entreprises? La question se pose alors que plusieurs pays européens y ont recours ou lancent des tests.

En Belgique, la réglementation du travail est en train de changer. Le projet de loi, nommé "deal pour l'emploi" a été adopté fin septembre. Parmi les mesures, il y a la possibilité pour un salarié de travailler dix heures par jour, quatre fois par semaine et donc, de bénéficier d'un jour de repos supplémentaire. Autre possibilité: réduire son temps de travail pendant une semaine et rattraper celle d'après.

Les salariés devront avoir l'autorisation de leur employeur pour pratiquer ces horaires, mais si ce dernier refuse, il devra le justifier. Le "deal pour l'emploi" prévoit aussi le droit à la déconnexion et plus de flexibilité.

Trop de différences entre les salariés?

De telles mesures seraient-elles possibles en France? Cela pourrait provoquer un manque d'équité entre les salariés, selon Benoit Serre, vice-président de l’association nationale des DRH et invité dans l'émission Estelle Midi ce 4 octobre.

"On a déjà des différences entre les salariés des petites et des grandes entreprises, entre les salariés qui peuvent faire du télétravail et ceux qui ne peuvent pas, entre ceux qui ont des horaires très contraints et ceux qui n’en n’ont pas. Ça peut faire exploser la société au sens de l’entreprise, mais aussi au sens de la société", affirme Benoit Serre.

"On va le payer en termes de santé au travail"

Il y a, donc, deux risques selon lui: le manque d'équité mais aussi des conséquences physiques. "On dit aux gens qu’ils peuvent travailler pendant 10 ou 11h par jour, mais il y a un moment où on va le payer en termes de santé au travail."

Le problème, d'après Christophe, chef d’entreprise paysagiste et auditeur de RMC, c'est que toutes les boîtes ne pourront pas l'appliquer.

"Donc nous on ne trouvera plus de personnel parce que les gens auront le choix entre travailler quatre jours dans des métiers plus faciles ou faire des métiers un peu plus difficiles, dans le BTP et la restauration", explique-t-il.

Pour certains qui ont déjà expérimenté ce rythme de travail, c'est que du positif. "C'était vraiment, vraiment bien", se réjouit Pierre, auditeur de RMC qui a fait des semaines de quatre jours pendant deux ans. "On avait des horaires qui n’étaient pas flexibles, on faisait 8h-12h et 13h-18h, donc des journées de 9h. L’avantage c'était qu’on faisait ça sur quatre jours, avec deux équipes, une du lundi au jeudi et l'autre du mardi au vendredi", ajoute Pierre.

D'autres solutions existent

Quelles solutions alors? Pour Benoit Serre, "il faut penser différemment l’organisation du travail, si on reste coincés sur la norme hebdomadaire on ne s’en sortira jamais".

Il propose, lui, "une extension des possibilités de semestrialisation, de manière à ce que les gens puissent panacher leurs jours, tout en adaptant une forme d’organisation. Cela peut aussi être une annualisation du temps de travail dans un certain nombre de cas".

AB