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En Belgique, les salariés ont désormais le droit de passer à la semaine de quatre jours

La semaine de quatre jours a été votée la semaine dernière en Belgique. Les employés doivent en faire la demande à leurs employeurs. Si c'est accepté, ils doivent ensuite ramasser leurs heures sur quatre jours au lieu de cinq.

Beaucoup en rêvent, la Belgique l'a fait. Nos voisins viennent d'acter la possibilité de passer en semaine de quatre jours pour les salariés et les fonctionnaires qui en feront la demande.

Attention, il ne s'agira pas de travailler moins, mais de concentrer ses heures hebdomadaires sur quatre jours. A Bruxelles, Camille, fonctionnaire, s'y voit déjà. “Avoir un week-end de deux jours, c’est assez court”, explique-t-elle.

Pour y arriver, cette chargée de communication va devoir ramasser ses 38 heures hebdomadaires en quatre jours au lieu de cinq, mais pas de quoi l'effrayer. “Le fait de faire dix heures par jour est tenable parce que c’est déjà quelque chose qui se passe”, assure-t-elle. Les employeurs aussi disent y trouver leur compte.

“Je pense que ça apporte une motivation à l’employé. À partir du moment où le résultat est là, que les clients sont satisfaits, et l’employé fait son travail, tout le monde y gagne et il y a une satisfaction générale”, appuie Béatrice Delfin-Diaz , qui dirige une entreprise de six salariés à Bruxelles.

La semaine de quatre jours, pas du goût de tout le monde

L'entreprise peut refuser cet aménagement au salarié, mais elle doit le justifier. Et ça change tout, pour Mathieu Bihet, député belge de centre-droit.

“C’est un changement de paradigme parce que d’habitude, la relation de travail se fait à la demande de l’employeur et c’est l’employé qui répond si oui ou non, il accepte. Ici, c’est clairement une liberté qui est conférée au travailleur”, analyse-t-il.

Pourtant, cette mesure a aussi ses détracteurs. Certains partis d'opposition redoutent que la loi légalise implicitement, les journées de 10h de travail. En France, une telle mesure pourrait être très bien acceuillie. Selon une enquête du Figaro ce mardi matin, les deux tiers des 18-24 ans y sont favorables.

Alfred Aurenche avec Guillaume Descours