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Travailleurs détachés: "Certains les font travailler 60 heures par semaine et les paient 35"

Emmanuel Macron se rend ce jeudi dans les pays de l'est pour y aborder notamment la question des travailleurs détachés. Le président souhaite en effet lutter contre le dumping social qu'il engendre. Une bonne nouvelle pour certains chefs d'entreprise qui estiment qu'il s'agit d'une concurrence déloyale.

Autriche, Roumanie, Bulgarie… Emmanuel Macron se rend dans les pays de l'Est ce jeudi, notamment pour évoquer la question délicate des travailleurs détachés. Après avoir défendu le statut de travailleur détaché pendant sa campagne, Emmanuel Macron désire aujourd'hui lutter contre ses dérives.

La France, qui a accueilli 286.000 salariés détachés déclarés (+25% sur un an) en 2015, est le deuxième pays d'accueil, après l'Allemagne. Une concurrence déloyale, plaident les entreprises françaises.

A la tête d’une société de BTP de 52 personnes, Philippe Deveau n’emploie aucun travailleur détaché sur ces chantiers. Il y a aujourd’hui 5 fois plus de travailleurs détachés en France qu’il y a 10 ans. Une concurrence qui fait perdre de nombreux chantiers à son entreprise: "Un chantier sur trois nous échappe à cause des travailleurs détachés. Parce qu'il y a à peu 10% de différence entre ce qu'on est capable de produire et ce que donne comme coût un travailleur détaché".

"J'espère que Macron aura la capacité à se faire entendre"

Mais ces inégalités sont aggravées par les fraudes dénonce l’entrepreneur: "Nous voyons des personnes qui arrivent en France qui sont dans leur pays des ouvriers qualifiés et qui, en France, arrivent avec le qualificatif de manœuvre. Il y en a qui font travailler les salariés 60 heures par semaine et qui les paient 35. Ce n'est pas possible".

Pour Philippe Deveau, Emmanuel Macron doit à tout prix obtenir un durcissement des règles du travail détaché: "Il y a des précédents. J'espère qu'il aura la capacité de se faire entendre et obtenir quelque chose. Ce serait quand même une belle victoire. Parce que globalement, on ne s'est pas suffisamment occupé de ce problème depuis 15 ans".

Les entrepreneurs réclament avant tout la diminution du temps de détachement et un plus grand contrôle des entreprises spécialisées dans l’emploi de travailleurs détachés.

Nicolas Ropert (avec P.B.)