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Un syndicaliste policier répond à la colère: "On nous accuse de laxisme, mais nous sommes contraints"

Des policiers devant l'hôpital Saint-Louis, le mercredi 19 octobre, en soutien de leur collègue gravement brûlé à Viry-Châtillon.

Des policiers devant l'hôpital Saint-Louis, le mercredi 19 octobre, en soutien de leur collègue gravement brûlé à Viry-Châtillon. - G. Van der Hasselt - AFP

Des policiers qui ont manifesté en dehors du cadre syndical lundi sur les Champs-Elysées et mardi à Evry ont déclaré sur RMC qu'ils ne faisaient pas confiance à leurs syndicats pour faire avancer leurs revendications. Nicolas Comte, porte-parole du syndicat SGP Police, répond aux critiques sur leur supposée "inaction", ce mercredi sur RMC.

"Syndicalistes de machines à cafés" ; "élites enlisées dans leurs conflits"… Les propos des policiers qui ont manifesté sur les Champs-Elysées et à Evry envers leurs syndicats sont sévères. Ils ne se sentent pas représentés et c'est notamment pourquoi ils ont manifesté en dehors de tout cadre syndical, en tenue et avec des voitures de service, ce qui leur est pourtant interdit. Une défiance envers les syndicats que veut pondérer Nicolas Comte, porte-parole du syndicat SGP Police, sur RMC. "Les collègues qui ont manifesté spontanément hier soir sont des collègues qui ont voulu faire entendre une colère et un ras le bol qui sont généralisés dans les services de police. Les policiers ont réagi à une émotion bien légitime".

"On aurait eu des sanctions immédiates"

"Quand il arrive des événements comme ça, systématiquement les organisations syndicales sont accusées d'être timorées, laxistes et de ne pas faire d'actions assez fortes. Or, les organisations syndicales sont contraintes par des règles statutaires : quand il y a un rassemblement spontané qui se fait, il n'y a pas vraiment de leader, ni de meneur.

Si une organisation syndicale donnait un mot d'ordre de cet ordre-là pour mener une action en uniforme avec des véhicules de service, j'imagine que le responsable syndical qui ferait ça aurait des sanctions immédiates.

Les organisations syndicales ont un cadre contraint. D'autre part, quand elles appellent à un mouvement, il doit déboucher sur des avancées, on doit construire une revendication. C'est différent d'un mouvement de colère qui est, encore une fois, tout à fait légitime et compréhensible".

P. Gril avec Claire Andrieux