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"Elle arrive comme un couperet": l'angoisse de personnes précaires à la veille de la fin de la trêve hivernale

À partir du 1er avril, les expulsions locatives vont reprendre avec pour les expulsés l'incertitude de trouver une place dans un hébergement d'urgence.

Après une trêve de cinq mois, les expulsions locatives pourront reprendre dès demain. En effet, ce 31 mars sonne la fin de la trêve hivernale. Des milliers de personnes risquent donc de perdre leur place d’hébergement et se retrouver à la rue. Alors cette date est redoutée, tous les ans, par ces personnes en situation de précarité, et par les associations qui les accompagnent. C’est notamment le cas de l'association "La Mie de Pain". Elle a cependant obtenu un délai supplémentaire: jusqu'à fin avril pour les places "hivernales".

Deux fois par jour, ce sont plusieurs centaines de personnes qui viennent ici prendre un repas chaud et certains bénéficient même d’un toit, un lit, une chambre. Sur les 360 places du centre, 60 vont fermer, dont celle de Franck, 54 ans. La fin de la trêve hivernale, c’est pour lui une date fatidique.

"Elle va arriver comme un couperet. Je n’ai pas d’imagination sur l’avenir. C’est triste", confie-t-il.

"On les sent très nerveux"

Devant le risque de se retrouver, à nouveau à la rue, Franck tente de tenir. Mais ses espoirs sont maigres. "La seule solution que j’ai, c’est qu’il y a des dossiers qui sont en cours. Comme on est plusieurs dans ce cas-là, et qu’il n’y en aura pas pour tout le monde, je pense à moi d’abord même si c’est très égoïste", concède-t-il.

Situation compliquée, également pour les bénévoles de cette structure. Michèle donne de son temps depuis 13 ans.

"On ressent une angoisse qui s’installe. On les sent très nerveux. Ils ont besoin de nous, on est leur famille en fait. L’être humain, il se nourrit de la même façon toute l’année et il a besoin de dormir toute l’année", explique cette bénévole. 

Des associations qui continuent de demander plus de places pérennes et aussi un décompte, précis, du nombre de personnes à la rue en France.

Rémi Ink avec Guillaume Descours