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Emeutes à Moirans: "Il va désormais falloir que les gens du voyage soient exemplaires"

A Moirans, les incidents vont être difficiles à oublier

A Moirans, les incidents vont être difficiles à oublier - PHILIPPE DESMAZES / AFP

REPORTAGE - Deux jours après les émeutes, menées par une partie de la communauté des gens du voyage, les habitants de Moirans (Isère) sont encore sous le choc des scènes de chaos qui ont agité le quartier de la gare. Des habitants qui se retrouvent être les victimes collatérales de ces incidents…

La commune de Moirans essaie de panser ses plaies. Si la nuit a été calme, deux jours après les violences commises par des gens du voyage, excédés que la justice ait refusé une demande de permission pour qu'un détenu puisse assister aux obsèques de son petit frère, dans cette commune de 8.000 habitants, rien ne sera jamais plus comme avant. En effet, encore sous le choc des scènes de chaos qui ont agité le quartier de la gare, la population ne peut que constater les dégâts.

"Si tout le monde fait ça, c'est la loi de la jungle"

Face aux carcasses de voitures, aux routes endommagées, au restaurant brûlé, Joëlle se désole: "Quand on voit devant le restaurant, c'est dur… Les voitures de casse, c'était leur excuse. Mais la voie ferrée, ce n'est pas une excuse". D'autant plus que sur les 35 véhicules incendiés, 18 appartenaient à des particuliers comme Chrystelle qui avait garé sa voiture sur le parking de la gare lundi soir et ne pourra jamais la récupérer.

"C'était une voiture neuve et je suis en recherche d'emploi. Comment je fais pour trouver un travail sans véhicule? Pour aller travailler si j'en trouve un?, s'interroge-t-elle. Je suis assurée mais on ne nous rembourse jamais la valeur neuve d'une voiture." Et d'ajouter, très remontée: "Je suis vraiment en colère parce que si nous nous faisons ça, qu'est-ce qu'on aurait? Moi, je ne vais pas casser des voitures ni brûler des caravanes! Si tout le monde fait ça, c'est la loi de la jungle!"

"Une plaie qui va être difficile à refermer"

Pour le moment, la municipalité de Moirans n’a pas encore chiffré le montant des dégâts. Mais pour le maire, Gérard Simonet, l’essentiel est ailleurs. "Au-delà du coût, qui sera très important, il y a, je crois, un grand choc moral. Je crois qu'il y a une plaie qui va être difficile à refermer". Et Gérard Simonet attend désormais un comportement exemplaire de la communauté des gens du voyage installés sur sa commune.

"Il va falloir que ces gens sédentaires, qui sont quand même jusqu'à présent des Moranais à part entière, le prouvent. Il va falloir que, dans les mois, les années à venir, ils soient exemplaires dans leur comportement, met-il en garde. Et peut-être qu'ils disent même à certains jeunes turbulents de leur fratrie: 'Ne faites plus ça, plus jamais ça'". De son côté le maire assure qu’il fera tout son possible pour maintenir la cohésion sociale à Moirans.

Maxime Ricard avec Marion Dubreuil