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Emploi: le plaidoyer du Medef pour un contrat de travail plus souple

Le vice-président du Medef, Thibault Lanxade, a plaidé ce mardi chez Jean-Jacques Bourdin pour la création d'un contrat plus souple pour les TPE et PME. Employeur et salarié s'accorderaient dès la signature sur les modalités de licenciement en cas de baisse de l'activité.

"La clé du chômage est dans les TPE et PME". Invité de Jean-Jacques Bourdin ce mardi, le vice-président du Medef, Thibault Lanxade, a défendu l'idée d'un contrat de travail plus souple pour les TPE (très petites entreprises – moins de 10 salariés) et PME (petites et moyennes entreprises – de 10 à 250 salariés), qu'envisage le gouvernement de Manuel Valls. Dès la fin avril, le gouvernement va annoncer "un programme spécifique pour les TPE et PME", "destiné à leur faciliter la vie", a expliqué Thierry Mandon, secrétaire d'État à la réforme de l'État, sur BFM Business. Thibault Lanxade a déjà une idée de ce que ce contrat devrait être, selon le Medef: plus souple, il permettrait d'embaucher quand le carnet de commande se remplit, et de licencier plus facilement licencier en cas d'urgence.

"Définir les modalités de sortie dès la signature du contrat"

"L'idée c'est d'avoir un contrat qui permet d'embaucher et de définir les modalités de sortie au moment où on signe le contrat, explique Thibault Lanxade. Quand un chef d'entreprise se dit : 'j'ai envie de tester quelque chose, je vais recruter un commercial mais je ne sais pas si le service est bon, en revanche je vais le tester, je vais embaucher quelqu'un. Et puis si le projet se poursuit dans le temps il va continuer à l'embaucher. En revanche si ça ne fonctionne pas, les modalités de départ sont définies avant. A partir du moment où le chef d'entreprise et le salarié connaissent les tenants et les aboutissants, c'est beaucoup plus clair".

"Les patrons de TPE et de PME ont peur d'embaucher"

Pour Thibault Lanxade, le Premier ministre Manuel Valls ne doit pas hésiter à mettre en place ce type de contrat. "Il faut bien que le Premier ministre comprenne que les patrons de TPE et de PME ont peur d'embaucher, et ce n'est pas le Medef qui le dit. 25% des licenciements finissent devant les prudhommes en France. Le patron d'une PME se dit : 'si j'embauche et que mon projet ne fonctionne pas, je vais d'avoir un problème aux prudhommes dont les indemnités à payer sont aléatoires et dont la procédure dure 2 ou 3 ans".

"Les syndicats proposent toujours la même chose"

Les syndicats accepteront-ils un tel contrat ? Pour Thibault Lanxade, la question n'est pas là. "Que proposent les syndicats? C'est toujours la même chose. A un moment avec 5 millions de chômeurs toutes catégories confondues, il faut se poser des questions. Il y a, hors Cac 40, trois millions d'entreprises. Il suffirait que chacune de ces entreprises recrutent un ou deux salariés, et ce serait un effet de levier considérable". La balle est maintenant dans le camp de Manuel Valls, qui a répété dimanche soir à l'issue du second tour des départementales, que sa priorité "c'est l'emploi, l'emploi, l'emploi".


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Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin