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Fonctionnaires, Macron, Benzema... ce qu'il faut retenir de Manuel Valls face aux auditeurs d'RMC

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Le Premier ministre a répondu en direct aux questions des auditeurs d'RMC ce mardi. Il est notamment revenu sur l'affaire de pédophilie qui éclabousse l'archevêque de Lyon, qu'il a appelé à "prendre ses responsabilités".

Loi Travail, rivalité avec Emmanuel Macron, mise en cause de Monseigneur Barbarin dans une affaire de pédophilie, salaire des fonctionnaires, levée du contrôle judiciaire de Karim Benzema... Le Premier ministre Manuel Valls a répondu en direct aux questions des auditeurs d'RMC ce mardi. 

>> Y a-t-il une rivalité avec Emmanuel Macron ?

"Il a du talent et c'est bien d'en avoir au sein du gouvernement. Pourquoi cela me gênerait-il ? Pourquoi y aurait-il une rivalité ? Une équipe gouvernementale c'est un collectif et nous avons besoin avec le président de la République de tous les talents. L'objectif des membres du gouvernement c'est de travailler au service des Français. Moi j'apprends toujours beaucoup de la confrontation des idées avec tous les membres du gouvernement".

>> Monseigneur Barbarin doit "prendre ses responsabilités"

Manuel Valls a réagi à la mise en cause de l'archevêque de Lyon, accusé d'avoir couvert des faits de pédophilie de la part d'un prêtre sous son autorité. Que dit-il à Monseigneur Barbarin ?

"Il faut des actes, des gestes. Qu'il prenne ses responsabilités. Je ne suis pas juge, mais un homme d'église, Cardinal, Primat des Gaules (Archevêque de Lyon, NDR), qui a une influence morale et intellectuelle et qui exerce une responsabilité majeure dans notre société, doit comprendre la douleur (des victimes). Le seul message que je puisse faire passer, sans prendre sa place et sans me substituer aux juges et à l'église de France, c'est qu'il prenne ses responsabilités".

"C'est à lui de prendre ses responsabilités, de parler et d'agir". Doit-il démissionner ? "C'est sa responsabilité, mais il doit aussi entendre cette douleur".

>> Il y aura "un geste significatif" sur la rémunération des fonctionnaires

"Quand Nicolas Sarkozy propose de supprimer 300.000 fonctionnaires sur cinq ans, nous nous avons créé 60.000 postes d'enseignants sur ce quinquennat. Nous respectons les fonctionnaires et nous allons faire des gestes significatifs notamment en matière de rémunération cette semaine. Il y a un rendez-vous salarial important jeudi". Y aura-t-il une augmentation du point d'indice ? "Il y aura un geste significatif. Vous verrez jeudi".

>> Dépénalisation de certains délits routiers

Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, avait indiqué jeudi en marge d'un déplacement à Fleury-Mérogis, que la dépénalisation de certains délits routiers était une "piste" pour désengorger les tribunaux, mais sans donner de précisions sur les délits visés.

"Jean-Jacques Urvoas est prêt à regarder le sujet mais il faut le faire avec beaucoup de méthode. (...) Les chiffres de la mortalité routière ont été moins bons cette année. Il faut donc faire attention à tout message qui donnerait le sentiment qu'on baisse la garde. Notre objectif reste de faire baisser le nombre de morts et de blessés sur les routes. En même temps, l'objectif du garde des Sceaux me paraît louable : faire en sorte d'être plus efficace dans ce domaine et qu'on n'encombre pas nos tribunaux avec les délits routiers mineurs et qu'on puisse trouver peut-être un autre système. Le débat ne fait que commencer". "Tout ce qui permet de rendre la justice plus efficace et applicable, c'est une bonne chose"

>> Pourquoi avoir décoré le prince héritier d'Arabie Saoudite ?

Le Premier ministre Manuel Valls a notamment été interpellé à propos de la remise par François Hollande de la Légion d'honneur au prince héritier d'Arabie Saoudite, qui a beaucoup choqué, alors que le régime saoudien est accusé de bafouer les droits de l'homme. Aurait-il décerné la Légion d'Honneur au dignitaire saoudien ?

"Oui. Il faut arrêter les hypocrisies. Nous avons une relation stratégique avec l'Arabie Saoudite et il faut l'assumer. Pour autant nous ne partageons pas la nature du régime et son action dans certains domaines. Mais c'est une tradition d'honorer des dirigeants étrangers et (…) parfois il faut souligner cette relation. Il y a quelques semaines nous avons accueillis ceux qu'on présente comme les adversaires des Saoudiens, je veux parler du président Iranien. Quelle est la force de la diplomatie française ? C'est de pouvoir discuter avec tout le monde, les Saoudiens comme les Iraniens".

>> Les conditions d'un retour de Karim Benzema chez les Bleus "ne sont pas réunies"

Depuis la levée de son contrôle judiciaire, Karim Benzema peut être rappelé chez les Bleus, bien qu'il reste mis en examen dans l'affaire de chantage à la sextape envers son coéquipier Mathieu Valbuena.

"Par rapport à la jeunesse un grand sportif se doit d'être exemplaire. Il a un rôle d'exemplarité dans la société. Beaucoup de gamins se rêvent en Karim Benzema. Je ne suis ni le président de la Fédération française de foot (FFF) ni le sélectionneur Didier Deschamps et c'est à lui de constituer la meilleure équipe possible. Ce sera son choix, mais j'ai un avis et je pense que les conditions ne sont pas réunies pour un retour de Karim Benzema en équipe de France. Il est toujours mis en examen. On sent bien qu'il y a eu quelque chose. Bon, en même temps c'est la décision de la FFF et du sélectionneur. Mais attention, tous les gestes et tous les choix ont leur importance".

Dans la foulée, Karim Benzema a répondu via Twitter à la déclaration du Premier ministre, rejetant les accusations de manque d'exemplarité.

>> Notre-Dame-des-Landes : le référendum "en juin"

On avait fini par l'oublier. Le référendum sur la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes aura bien lieu, "au mois de juin". "Tous les électeurs de Loire-Atlantique pourront voter, a précisé le Premier ministre. Parce que c'est le département le plus concerné par les impacts écologiques et économiques de ce projet, et parce que l'enquête publique a eu lieu sur le département et parce qu'il faut faire simple".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin