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Forces d’élite du GIGN, hélicoptères et caméras thermiques: comment s'organise la traque du meurtrier présumé des Alpes-Maritimes?

Près de 200 gendarmes et forces d’élite du GIGN ainsi que quatre hélicoptères sont mobilisés depuis presque 48 heures pour tenter de retrouver un homme suspecté du meurtre de sa compagne.

Toutes les heures environ, de nuit comme de jour, un hélicoptère se pose. Un autre décolle d’un grand champ situé à l’entrée du village. Équipés de jumelles et de caméras thermiques, les militaires survolent les collines et les gorges à basse altitude à la recherche de la moindre silhouette suspecte.

Stationnées à côté d'eux, il y a deux pumas, deux gros hélicoptères de transport du GIGN recouvert de peinture camouflage. Prêts à déposer les gendarmes d’élite à l’aide de cordes dans les recoins les plus reculés.

Au sol, des camions bleus, des hommes et des femmes lourdement armés quadrillent routes et carrefours. Les sept kilomètres autour du domicile du suspect sont entièrement bouclés, minutieusement ratissés par les militaires depuis maintenant près de 48 heures.

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Ce qui explique aussi un tel dispositif, c’est la zone des recherches. Une zone qui s’étend sur des kilomètres de nature sauvage, très difficile d’accès en plein cœur de l’arrière-pays niçois.

C’est un terrain complexe expliquent les gendarmes. D’abord, parce qu’il s’étend sur une petite zone habitée. Sept maisons du village et leurs occupants sont confinés. L’objectif est d’éviter tout déplacement dans la zone des recherches. Et puis tout autour, il y a surtout la nature sauvage, un paysage montagneux et boisé fait de forêts très escarpées et de hautes collines. 

Des gendarmes du peloton de Haute-Montagne sont d’ailleurs mobilisés pour fouiller près de 90 grottes et de plusieurs tunnels implantés dans ce périmètre. Pour le moment, les gendarmes sont persuadés que le suspect est encore présent dans cette zone, retranché au cœur de cette nature très difficile d’accès.

Un fils de chasseur

On sait que ce fugitif est suspecté d’avoir tué une femme de 32 ans d’une balle dans la tête dimanche et qu’il a ensuite tiré sur les gendarmes qui tentaient de l’interpeller avant de prendre la fuite. 

Ce jeune homme de 33 ans est armé et dangereux. De taille moyenne, brun et longiligne, comme le précise l’avis de recherche de la gendarmerie, il a entretenu une brève relation amoureuse d’un ou deux mois avec sa victime présumée.

Il aurait pu être atteint d’un “coup de folie meurtrière”. Ce sont les mots du colonel responsable des opérations. Mais le plus compliqué pour les gendarmes, c’est que ce jeune homme armé et dangereux est un enfant du pays. Élevé ici à Gréolières, il connaît très bien la région. 

C’est un fils de chasseur qui pratique lui aussi la chasse depuis l’enfance. Capable donc de brouiller les pistes et de se dissimuler dans la nature. Il serait armé d’un pistolet et d’une arme longue. 

Préfet, gendarmes, maire et habitants du village l’appellent à déposer les armes et à se rendre rapidement sans violence.

Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours