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"Il y a de la sidération et de l'angoisse": le choc après des tirs de mortier dans un lycée des Yvelines

Un lycée de Mantes-la-Jolie est fermé depuis mardi en raison de graves violences qui s'y sont produites.

Tirs de mortiers d’artifice, véhicule et locaux incendiés… Le lycée Jean-Rostand, à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines a été la cible mardi dernier d'une escalade de violence à l'intérieur même de l'établissement. Face à ces violences, les professeurs ont voté leur droit de retrait, le lycée est donc fermé depuis mardi après-midi, les cours doivent reprendre vendredi.

Que s'est-il vraiment passé?

Deux incendies dans l'établissement, des tirs de mortiers dans les couloirs, dans la cours et sur le parking. Mardi dernier, cette lycéenne n'en a pas cru ses yeux.

"On eu trop peur. Les étincelles passaient juste devant nous. Il y avait des gens qui paniquaient, qui pleuraient. Après on a tous eu peur on est tous partis en courant et on est rentrés"

Plus de 1.000 élèves se retrouvent évacués du lycée Jean Rostand. Les cours sont donc annulés, car cette violence pousse les professeurs à faire valoir leur droit de retrait. Claire en fait partie et témoigne d'un ambiance tendue: 

"Ca fait vingt-cinq ans que je suis enseignante dans cet établissement et je n'avais jamais vu ça. La tension elle existe depuis le début de l'année. Ca monte. Quand il y a des problèmes dans le quartier ça rejaillit chez nous aussi."

Alors que les cours au lycée Jean Rostand reprennent vendredi. Claire sent bien que l'angoisse va tirailler certains de ses collègues.

"Ceux qui ont été aux premières loges de ces tirs de mortier dans les couloirs reviennent avec la peur que ça recommence. Le renfort on l'a pour l'instant. Est-ce qu'on va réussir à calmer tout le monde et se remettre au travail?"

Une réunion est prévue ce jeudi matin entre le principal du lycée et le personnel enseignant afin de définir sous quelles formes les cours reprendront vendredi.

"Il y a un côté anormal de sidération et d'angoisse"

Le personnel du lycée demande notamment la création de "quatre postes d’assistants d’éducation pour assurer un encadrement efficient". Vincent Smith, professeur d'anglais au sein du collège, était l'invité de RMC ce jeudi matin et témoigne de la sidération qui entoure cet événement.

"Contrairement à des témoignages de voisins, ce n'est pas une habitude dans ce lycée. C'est le fait d'une poignée d'élèves. Il y a un contexte difficile, on a supprimé des postes, on nous a sortis de la ZEP, on se sent parfois abandonnés par les autorités. Ca fait 25 ans que j'y suis et j'y défends les valeurs de l'éducation et du service public. 
Il y a un côté anormal de sidération et d'angoisse, de peur. Nous, et les élèves, on ne peut pas travailler dans ce climat. Il y a en a quelques uns qui créent de l'agitation. Et là, ça craque."