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Entendu sur un télésiège: quand les remontées mécaniques s'apparentent à un comptoir de bar

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Sur le modèle des célèbres brèves de comptoir, un trio d'amis haut-savoyards a recueilli depuis 2013 toutes les répliques, âneries et traits d'esprits entendus sur un télésiège. D'abord sur une page Facebook, et maintenant dans un livre sorti ce samedi.

Maxence Rosset, un des auteurs (avec Léo et Noé Joly) de Entendu sur un télésiège (éditions Arthema), sorti le 1er décembre.

"Avec mes deux compères on vient de Haute-Savoie donc on est très souvent sur les pistes, et on entendait beaucoup de choses marrantes sur les télésièges. On s'est dit que ce serait bien de les compiler quelque part. On a alors créé une page Facebook, en 2013. On a fait ça d'abord pour en garder une trace, comme un bloc-notes de tout ce qu'on pouvait entendre de cocasse, de marrant… C'est vraiment l'idée de recueillir des brèves de comptoir à la montagne, et le nom 'Entendu sur un télésiège' nous est venu très vite.

En très peu de temps la page avait été likée et partagée de nombreuses fois. Les gens trouvaient ça marrant. Dès la première année ça a très vite grimpé et là on a atteint notre taille optimale. On est à plus de 40.000 aujourd'hui. On est très présents dans les Alpes, mais aussi à Paris, Lyon, Grenoble…

"Chacun en prend pour son grade"

Dès le début, les gens se sont mis à contribuer en rapportant des perles entendues sur le télésiège. Ils étaient contents quand on les partageait. A chaque fois, on met l'endroit, et le télésiège où la phrase a été entendue. Sur Facebook, on en postait une par jour en hiver, alors qu'on pouvait en recevoir quotidiennement 200. On avait notre petit jury pour sélectionner les meilleures.

On s'est alors dit que ce serait cool d'en faire un livre et de l'illustrer. On a été démarchés par des éditeurs et le choix s'est porté sur cet éditeur qui vient d'Annecy. On était content qu'il vienne de chez nous.

"Pas de barrières sociales sur le télésiège"

On est souvent présents sur les télésièges et on entend beaucoup de conneries. C'est vrai qu'on en entend des belles. Mais on ne se moque pas que des touristes, chacun en prend pour son grade: le local qui se la raconte, le touriste, le prof d'ESF… Il y en a pour tout le monde, de tous les profils qui viennent à la montagne.

C'est un lieu – c'est d'ailleurs intéressant socialement parlant – où l'on est tous au même niveau face à la neige, face à la nature. Il n'y a pas de barrières sociales sur un télésiège. Le millionnaire à côté de l'étudiant, ça peut arriver, ce qui peut créer des situations cocasses.

"Qu'est-ce qu'on fait de la neige l'été?"

On a pas mal d'âneries sur les pare-avalanches, et sur la façon de déclencher les avalanches. Les gens ne comprennent pas ce que c'est et pensent à une toute autre utilité. On a aussi beaucoup de vannes sur la géographie, sur l'altitude. Il y en a une sur la neige, et sur ce qu'on en fait l'été… Voici un florilège : 'A partir de quelle altitude on est en Haute-Savoie?' ; 'La différence entre Savoie et Haute-Savoie, c'est comme la couture et la haute-couture' ; 'Les Arcs 1800, les Arcs 2000, c'est à cause de l'année de découverte des stations?'… J'en ai également noté une qui vient de mon petit frère: 'On le prend où le ferry pour aller à la mer de glace'. Je la trouvais jolie et imagée."

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Propos recueillis par Philippe Gril