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Accord sur le Brexit: "On ne veut pas céder à la pression des Britanniques", prévient le secrétaire d'Etat aux affaires européennes

Toujours pas d'accord en vue en sur le Brexit. La France ne veut pas céder à la pression et assure ne pas vouloir abandonner ses pêcheurs tandis que Londres veut pouvoir accéder à l'avenir au marché européen sans soucis.

Tel Dallas, le feuilleton du Brexit semble interminable. Les conditions d'un accord sur les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union européenne ne sont toujours pas réunies, ont annoncé lundi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le Premier ministre britannique Boris Johnson, à l'issue d'un entretien téléphonique très attendu. Ils expliquent que les négociations ont échoué sur les trois mêmes sujets : l'accès des Européens aux eaux britanniques pour la pêche, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées à Londres par l'Union européenne en matière de concurrence en échange d'un accès sans tarifs ni quotas à son immense marché.

Et les britanniques sont déjà pessimistes quant à l'obtention d'un accord: "Bien que nous ne considérions pas le processus comme fini, les choses semblent très délicates et il y a toutes les chances que nous ne parvenions pas", assuraient des sources gouvernementales à l'AFP.

"Il y a encore une négociation en cours. Madame Von Der Leyen et Boris Johnson se sont encore parlés à nouveau lundi. Les discussions continuent", se félicite pourtant ce mardi sur RMC Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. même s'il concèdent que les négociations sont âpres. "C’est compliqué, on ne veut pas céder à une forme de pression que mettraient sur nous les Britanniques".

La France veut protéger ses pêcheurs

Dans la ligne de mire de la France notamment, les négociations liées à la pêche: "La pêche, c'est plus de 6000 emplois directs et indirects notamment dans les Hauts-de-France et en Bretagne. C'est majeur et cela fait vivre ces territoires. Il n'y aucune raison que, parce que c'est important pour les Britanniques on cède tout! Faire des efforts oui, des compromis oui, mais sacrifier notre pêche et nos pêcheurs, ça c'est non et les Britanniques le savent!".

"On en a un peu marre mais on ne va pas dire 'on claque la porte parce qu’on est fatigués'. Je ne veux pas acter un échec, on a encore un temps de négociation, quelques jours, et après il faudra dire clairement, oui ou non, accord ou pas accord !", plaide le Secrétaire d'Etat.

Boris Johnson devrait se rendre à Bruxelles dans les jours qui viennent. Le jour de la venue du Britannique n'est pas encore fixé, mais il ne participera pas, dans tous les cas, au sommet européen prévu jeudi et vendredi à Bruxelles. Au cours de ce sommet, les Européens pourraient "examiner les grandes lignes d'un accord ou acter un échec, exigeant alors la préparation de mesures d'urgence face au choc de la rupture", écrit l’AFP. 

Guillaume Dussourt