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Après les attaques chimiques, faut-il intervenir en Syrie? Ça fait débat sur RMC

Les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni promettent d'unir leurs forces pour empêcher tout nouveau recours aux armes chimiques en Syrie. Samedi dernier, deux attaques sont survenues dans la Goutha orientale. Elles ont fait 60 morts et un millier de blessés. "Des décisions seront prises dans les prochains jours" a déclaré Emmanuel Macron mardi soir.

"Nous avons obtenu des informations qui ont montré qu’il y avait bien eu utilisation d’armes chimiques. Et que de manière évidente, l’attribution pourrait en être faite au régime de Bachar Al-Assad", dit Emmanuel Macron. Il ajoute: "Les décisions que nous prendrions n’auraient pas vocation à s’attaquer aux alliés de la Syrie, à savoir l’Iran et la Russie, mais bien aux capacités chimiques du régime".

Dans ces conditions, pour le député La République en Marche de Paris Hugues Renson, il est clair qu’une intervention de la France est non seulement souhaitable, mais bien plus encore nécessaire. "Le président de la République a été très clair sur ce qui est acceptable et ce qui n'est pas acceptable. La ligne rouge c'est l'utilisation des armes chimiques. Le président de la République l'avait dit, et quand on brandit des lignes rouges c'est pour les respecter et elle le sera".

Marine Le Pen "opposée à toute intervention"

François Hollande, invité de France 2 hier soir (mardi), qui s’était en son temps déclaré favorable à une intervention a renouvelé sa position: il faut intervenir dit-il lui aussi, même si c’est plus facile à dire qu’à faire reconnaît-il. Car, comme en 2013, des dissensions se font sentir. Cette fois, au niveau de l’ONU. Entre les Russes d’un côté et de l’autre l’axe Royaume-Uni / France / Etats-Unis. Hier, trois votes ont eu lieu dans la même journée. Et, fait rarissime, aucun n’a débouché sur une adoption de résolution. Gare donc à la précipitation dit Marine Le Pen. "Je suis fondamentalement opposée à toute intervention. On considère comme acquis une attaque chimique, on considère acquis que le gouvernement d'Assad soit le responsable de cette attaque chimique, tout ça me rappelle de mauvais souvenir. La précipitation n'est jamais une bonne politique en ce domaine."

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a ouvert une enquête. Elle a indiqué hier qu'elle allait envoyer une équipe à Douma très prochainement. Enquête qui permettra de confirmer officiellement qu’il y a bien eu attaque à l’arme chimique, mais qui ne dira pas par qui elle a été orchestrée.

Mathieu Rouault