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Brésil: plusieurs lieux de pouvoir envahis par des manifestants bolsonaristes

Des partisans de l'ancien président brésilien, Jair Bolsonaro, ont envahi certains lieux de pouvoir, dont la Cour suprême, ce dimanche à Brasilia, au Brésil. Des manifestations qui interviennent une semaine après l'investiture officielle du président Lula.

Scènes insurrectionnelles dimanche dans la capitale brésilienne, Brasilia, où plusieurs lieux de pouvoir ont été envahis pendant plusieurs heures par des manifestants bolsonaristes. Le palais présidentiel, la Cour suprême et le Congrès à Brasilia ont été pris d'assaut par environ 3.000 manifestants, une semaine après l'investiture du président de gauche Lula. Les dégâts dans les bâtiments semblent considérables. Au moins 150 personnes ont été arrêtées.

Une vague jaune et verte a déferlé sur la Place des Trois Pouvoirs et est montée jusqu'au toit du Congrès.

“Ça a été difficile à croire, mais on entendait parler qu'il y avait des cars qui arrivaient à Brasilia", indique Germana qui a regardé les scènes depuis la télé d'un café de Brasilia. Elle a vu les fenêtres brisées, les bureaux retournés... Cette enseignante décrit sa colère devant les forces de l’ordre dépassées.

“Il y a des images de la police en train de faire des selfies avec les bandits, en train de tourner le dos et de les laisser passer. Donc ça a été facile pour eux d'envahir. C'est gravissime”, appuie-t-elle.

Les forces de sécurité fédérales déployées jusqu'à la fin du mois

Ces manifestations étaient pourtant prévisibles d'après Anaïs Fléchet, historienne, spécialiste du Brésil.

“Il y a eu le blocage des routes par les camionneurs, tous ces rassemblements devant les casernes de manifestants bolsonaristes qui réclamaient un coup d'Etat militaire. Et face à cela, il y a eu le silence de Bolsonaro. Ces violences ont pu être stimulées par l'attitude du président Bolsonaro”, assure-t-elle.

Reste à savoir si le mouvement peut s'étendre, souligne-t-elle. Le président Lula a rapidement condamné l'attaque et réclamé que les forces de sécurité fédérales soient déployées dans la capitale jusqu'au 31 janvier.

Emmanuel Macron a appelé dans la soirée au "respect des institutions démocratiques" au Brésil et a souligné le "soutien indéfectible de la France" au président Lula. Le président américain Joe Biden a jugé ces violences "scandaleuses".

Marion Gauthier avec Guillaume Descours