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Au moins 17 morts après l'immense tempête hivernale en Amérique du Nord, la pagaille n'est pas finie

Un homme devant le lac Michigan au lever du soleil alors que les températures oscillaient autour de -8 degrés le 22 décembre 2022 à Chicago.

Un homme devant le lac Michigan au lever du soleil alors que les températures oscillaient autour de -8 degrés le 22 décembre 2022 à Chicago. - SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

L'Amérique du Nord est en proie à une tempête hivernale extrême depuis la fin de semaine. 17 personnes, au moins, ont péri notamment dans des accidents de voiture. Les températures ressenties ont atteint localement les -50°C.

Une violente tempête hivernale, accompagnée de températures glaciales, a continué samedi soir à frapper certaines parties des Etats-Unis. Au moins 17 personnes sont mortes, au travers de huit états différents, par des causes liées à cette tempête dévastatrice, tandis que des milliers de vols ont été annulés.

Une partie de ces décès est survenue sur les routes, devenues très dangereuses, comme dans l'Ohio, où quatre personnes sont mortes dans des accidents liés à la tempête, a déclaré le gouverneur Mike DeWine.

Un peu partout dans les villes américaines, comme à Denver ou Chicago, des refuges ont été ouverts pour accueillir les personnes dans le besoin pour leur permettre de se réchauffer et les protéger des risques d'hypothermie.

En raison des températures très basses, la pression sur le réseau électrique était extrêmement forte. L'opérateur dans une dizaine d'Etats du Nord-Est américain, PJM, a appelé la population à réduire sa consommation toute la journée de samedi, afin d'éviter des coupures.

Certaines villes, notamment en Caroline du Nord, ont dû couper temporairement le courant à cause de la forte demande électrique, laissant des foyers sans chauffage.

A El Paso, au Texas, des migrants désespérés venus du Mexique se sont blottis pour se réchauffer dans des églises, des écoles et un centre civique, a expliqué à l'AFP Rosa Falcon, une enseignante et bénévole.

Des ressentis avoisinant les -50°C

Environ 530.000 foyers étaient toujours privés de courant samedi vers 22H00 GMT (contre jusqu'à 1,5 million la veille), selon le site Poweroutage.us, notamment en Caroline du Nord et dans le Maine, où les températures étaient largement négatives.

Le Service météorologique national américain (NWS) a prévenu que le froid présentait un risque mortel et exhorté les Américains des régions touchées à rester à l'intérieur. Vendredi, à cause du vent, la température ressentie est descendue jusqu'à -48°C, selon la même source.

Dans l'Etat de New York, (nord-est), durement touché, la gouverneure Kathy Hochul a déployé la Garde nationale dans le comté d'Erie et à Buffalo, la principale ville de l'Etat, où les autorités ont indiqué que les services de secours sont presque paralysés. La situation est particulièrement impressionnante à Buffalo, située de l'autre côté de la frontière avec le Canada.

Les vols reprennent “progressivement”...

Depuis mercredi soir, une tempête hivernale, l'une des plus violentes depuis des décennies, frappe le pays, les vents polaires qui l'accompagnent provoquant d'importantes chutes de neige, notamment dans la région des Grands Lacs.

Plus de 3.300 vols ont été annulés samedi et plus de 7.500 retardés. La veille, près de 6.000 vols avaient été annulés, selon le site de suivi Flightaware.com.

Le ministre des Transports américain Pete Buttigieg a déclaré samedi sur Twitter que "les perturbations les plus extrêmes sont derrière nous, les compagnies aériennes et les aéroports reprenant progressivement leurs activités" - des mots auxquels se raccrochaient les voyageurs bloqués dans des aéroports tels qu'Atlanta, Chicago, Denver, Detroit et New York, espérant un miracle de Noël.

Le Canada est aussi touché par la tempête

Les autorités ont également émis des avertissements de temps violent au Canada. Des centaines de milliers de personnes ont été privées d'électricité en Ontario et au Québec, tandis que de nombreux vols ont été annulés dans les aéroports de Vancouver, Toronto et Montréal.

VIA Rail, le service de transport ferroviaire canadien, a déclaré que tous les trains de Toronto à Ottawa et à Montréal seraient suspendus le jour de Noël à la suite du déraillement d'un train, tandis que des "conditions météorologiques extrêmes" ont entraîné de nombreuses autres annulations. Selon Radio-Canada, des passagers sont même restés bloqués pendant quinze heures entre Ottawa et Toronto, “sans nourriture ni communication claire”, explique un passager.

Depuis vendredi après-midi, la tempête est devenue une "bombe dépressionnaire" : un puissant conflit entre deux masses d'air, une très froide en provenance de l'Arctique et l'autre tropicale venue du Golfe du Mexique.

Les bombes dépressionnaires peuvent produire de fortes pluies ou chutes de neige, des inondations côtières et des vents de la puissance d'un ouragan.

Alexis Lalemant avec AFP