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Bataille de Raqqa: "Ce n'est pas la fin de Daesh"

Un combattant kurde près de Raqqa.

Un combattant kurde près de Raqqa. - AFP

La ville syrienne de Raqqa est en passe de tomber, mais sa libération totale devrait encore prendre du temps.

Un accord a été conclu samedi pour permettre d'évacuer les djihadistes de l'Etat Islamique, syriens et étrangers, présents dans ce qui reste de la ville de Raqqa. Une centaine d'entre eux s'est déjà rendue. Ils devraient pouvoir embarquer dans des bus vers la province voisine de Deir Ezzor.

Cela devrait permettre de reprendre totalement la ville du Nord de la Syrie. Cela fait plusieurs semaines que les djihadistes sont retranchés dans des poches de résistance, ils pourraient être jusqu'à 500. Les combattants kurdes et arabes des forces démocratiques syriennes affirment avoir repris 90% de la ville avec l'appui des frappes aériennes de la coalition. Pendant trois ans, Raqqa, dans le nord-est de la Syrie, a servi de capitale de l'EI et de centre opérationnel de l'organisation terroriste. 

Pour Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions de l'islamisme, la libération totale est longue car des négociations sont en cours.

"Ce qui est en train de se négocier, c'est une sortie des djihadistes de la ville. La question c'est de leur laisser un couloir pour partir. En fait ils ne se rendent pas, donc la situation est bloquée. Soit ils les combattent jusqu'au bout et ça fera des pertes dans les forces locales et des pertes aussi chez les civils. Soit on leur laisse un couloir. L'intérêt de négocier avec eux c'est de pouvoir prendre la ville une bonne fois pour toutes et d'en finir cette bataille. Avec le moins de morts civiles et le moins de morts des forces locales qui combattent l'Etat islamique".

Selon Bertrand Badie, professeur de relations internationales à Sciences-Po Paris, l'EI perd sa capitale syrienne mais ce n'est pas pour autant la fin de l'Etat islamique.

"Ce n'est pas la fin de Daesh. On aura plus affaire à une logique de réseau. Lorsque l'on reconquiert un territoire contrôlé par Daesh, ce qui est extraordinairement difficile c'est de faire la distinction entre les personnes que l'on va découvrir. Donc on peut parier qu'aujourd'hui à Raqqa, comme hier à Mossoul, qu'une partie des combattants s'est fondue dans la population locale et devient une sorte de réseau dormant. C'est donc une autre époque qui est en train de s'ouvrir".

Aurélia Manoli (avec A.M.)