RMC

Ces arguments des Belges pour autoriser les librairies à rester ouvertes

Face à la fermeture des librairies en France, le gouvernement belge, qui a également pris des mesures de restrictions sanitaires, a fait le pari inverse de l'ouverture des librairies.

Pétition adressée au président Macron, libraires qui se rebiffent, prix littéraires reportés, les initiatives se sont multipliées ces derniers jours pour soutenir les librairies, qui ne font pas partie de la liste des commerces dits "essentiels" autorisés par le gouvernement à rester ouverts durant le confinement. Elles peuvent toutefois effectuer des livraisons ou proposer le retrait de commandes, à la porte du magasin.

De nombreux maires, de plus ou moins grandes villes, se mobilisent depuis plusieurs jours pour que les petits commerces rouvrent: dès vendredi, des arrêtés autorisant les commerces non-alimentaires de leurs villes à rouvrir, et en particulier les librairies, dont le sort semble soudain préoccuper tout le pays.

Mais le gouvernement français restent sur ses positions: les librairies ne rouvriront pas. Et les rayons livres des supermarchés vont, eux aussi, devoir fermer.

"Il n’y a rien de mieux que d’ouvrir un livre pour s’évader"

Les Français s’évader devront donc composer avec leurs bibliothèques personnelles. Anne Hidalgo, la maire de Paris, a évoqué dimanche une initiative commune avec ses homologues de plusieurs villes pour la réouverture des librairies indépendantes: et la réponse de Bruno le Maire ne s'est pas faite attendre. Le ministre de l'Economie a qualifié cette attitude d"’irresponsable". 

Une stratégie qui étonne, choque même. Pourtant, nos voisins, en Belgique, eux, ont opté pour une autre méthode: les librairies sont ouvertes malgré les nouvelles restrictions.

Elles font ainsi désormais partie des commerces considérés comme "essentiels", selon le vice-Premier ministre du pays: "La culture a un rôle énorme à jouer dans la santé mentale des Belges, dit-il, et il n’y a rien de mieux que d’ouvrir un livre pour s’évader". 

La Belgique, pays au monde où le coronavirus circule le plus, a décidé un "confinement plus sévère" pendant six semaines, évoquant "des mesures de la dernière chance" pour tenter de ralentir la pandémie, a annoncé vendredi le Premier ministre Alexander De Croo. 

Il a également annoncé la limitation des invitations au domicile à une seule personne et une nouvelle prolongation de trois jours des vacances scolaires, jusqu'au 15 novembre inclus. En extérieur, il sera possible de se déplacer à quatre en respectant les gestes barrières.

Louis Amar