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Covid-19, élections, popularité... Rien ne va plus pour Joe Biden

EXPLIQUEZ-NOUS - Joe Biden a signé hier son grand plan d'infrastructures de 1.200 milliards de dollars. Un énorme investissement qui n'empêche pas le président américain d'être extrêmement impopulaire.

Un an après son élection, Joe Biden enchaîne les sondages catastrophiques. Il est sur une pente descendante depuis le milieu de l’été. 70% des Américains estiment qu’il n’a rien fait ou pas grand-chose depuis qu’il est là. C’est pour cela qu’il a mis en scène lundi soir la signature de son fameux plan de relance, signature en grande pompe dans les jardins de la Maison Blanche.

Ce plan c’est 1.200 milliards investis sur 10 ans pour rénover ou construire des routes, des ponts, des bornes pour les voitures électriques. Joe Biden a eu un mal fou à faire passer cette loi. Il dépense beaucoup, beaucoup mais il peine à convaincre.

Que lui reprochent ses compatriotes?

Les Américains s'inquiètent du retour de l’inflation. Aux Etats-Unis comme en Europe, les prix de l’essence ont flambé, les prix des produits alimentaires aussi.

La hausse des prix est actuellement de 6% en rythme annuel. C’est le plus haut niveau depuis 30 ans et c’est potentiellement dramatique parce que les retraités américains vivent de leurs économies placées en bourse. Et l’inflation grignote ces économies. Premier très mauvais point pour Biden.

Sa gestion du Covid lui est aussi reprochée

Joe Biden devait être le président qui allait prendre les choses en main après Donald Trump qui faisait tout et n’importe quoi. Depuis cet été les chiffres du Covid-19 sont en recul, mais il y a encore 1.000 morts par jour en moyenne. Joe Biden s’est présenté en champion de la vaccination mais la campagne ne progresse plus. Le Président a voulu imposer la vaccination obligatoire pour tous les employés des entreprises de plus de 100 salariés. Mais son texte a été repoussé. 

Deuxième mauvais point pour Joe Biden: la politique étrangère, qui devait aussi être son point fort, lui l’ancien sénateur spécialiste de géopolitique. Mais les images du retrait d'Afghanistan dans la panique ont été humiliantes pour l'Amérique. 

Troisième mauvais point: la question de l’école qui est aussi au centre d’une polémique. L’école et l’enseignement de la question raciale. Faut-il que les programmes fassent une part plus large à l’histoire de la ségrégation et du racisme aux Etats-Unis? Et question subsidiaire, les parents d'élèves ont-t-il le droit de contester ces programmes ou de s’opposer au cours d’éducation sexuelle?

Tout cela donne lieu à des débats passionnés sur les chaînes d’info. Et résultat, lors des dernières élections en Virginie, les républicains l’ont emporté en faisant campagne sur ce thème. C'est-à- dire contre la politisation des programmes scolaires. Un gouverneur républicain a été élu alors que Joe Biden s'était imposé haut la main en Virginie il y a un an seulement.

Les opposants à Joe Biden se sont trouvé un slogan

C’est "Let's go Brandon". C’est a dire "Vas-y brandon". L'histoire est un peu compliquée. Un jeune homme nommé Brandon a gagné une course automobile en Alabama le 2 octobre. Une journaliste l'a alors interviewé sur NBC et on entendait derrière la foule des spectateurs scander quelque chose. La journaliste a dit. "Ecoutez, ils crient votre nom. Ils disent "Let's go Brandon”. Sauf qu’en écoutant mieux on s’est aperçu que la foule criait “Fuck You Biden” . “Biden va te faire foutre”.

La vidéo est devenue virale, et désormais, ces trois mots "Let's go Brandon" ont été détournés et sont devenus le cri de ralliement des anti-Biden. Ça permet d’insulter le président sans prononcer de mots vulgaires.

On voit des t-shirts, des autocollants, des casquettes et même des masques … C’est un signe de plus de la grande impopularité du vieux président. Un an après son élection. Un an avant les élections de mi-mandat qui se présentent très mal pour lui.

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Nicolas Poincaré (édité par J.A.)