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De nombreux Maghrébins parmi les migrants qui tentent de passer par la frontière gréco-turque

REPORTAGE RMC - Alors que les tensions se poursuivent à la frontière gréco-turque, nous avons rencontré un groupe de Marocains qui tentent d'arriver en Europe après l'ouverture de la frontière turque. Mais la Grèce et l'UE restent fermes.

De nouveaux heurts ont brièvement opposé vendredi policiers et migrants à la frontière gréco-turque. Grenade lacrymogènes d'un côté, jet de pierres de l'autre. Parmi les réfugiés qui se pressent aux frontières, il y a des Afghans, des Syriens qui veulent demander l'asile, des Irakiens et des Iraniens. Des exilés du Moyen-Orient. Mais aussi, bien plus surprenant, de nombreux Maghrébins (Algériens, Tunisiens, Marocains).

L'accord entre l'Union européenne et la Turquie est "mort", a estimé vendredi le Premier ministre grec. Il accuse Ankara d'"accompagner" la ruée de milliers de personnes vers la frontière gréco-turque.

Comme ce groupe de Marocains que nous avons rencontrés à Edirne en Turquie, sur un terrain vague où attendaient jeudi des dizaines de migrants repoussés à 5 km de la frontière avec la Grèce. Ils espèrent profiter de cette occasion pour passer en Europe.

"On a rien au Maroc, pas de travail, pas d’argent, je ne veux pas rester chez moi à rien faire"

Allongés sur une couverture à même la terre battue, un groupe de 10 marocains. Comment ont-ils pu atterrir à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux au nord du Maroc? Toufik, 22 ans, reste discret. Il affirme être parti dès les annonces du président turc Erdogan il y a 8 jours.

"On a vu sur Whatsapp et sur Facebook des messages qui disent que les portes sont ouvertes entre la Turquie et la Grèce. Alors on est venu. pour essayer d’aller en France, ou en Allemagne. On a rien au Maroc, pas de travail, pas d’argent, je ne veux pas rester chez moi à rien faire"

Toufik nous présente son ami Samir, blessé par des militaires grecs, assure-t-il, en nous montrant ses plaies, lors d’une première tentative pour franchir la frontière. "Je veux réessayer, même si ça me coûte la vie", lance-t-il. "C’est son rêve d’aller en Europe, de trouver un travail", confirme Toufik.

Ces Marocains sont maintenant prêts à attendre 1 mois, 2 mois, ou plus… Jusqu’à ce qu’ils réussissent à franchir les barbelés qui les séparent de l’Europe.

Marie Monier et Nicolas Traino (avec J.A.)