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Démantèlement de la Jungle de Calais: comment migrants et policiers se préparent

Le démantèlement du bidonville de Calais pourrait commencer dès lundi prochain. Selon les derniers comptages, la Jungle de Calais est encore habitée par 7.000 à 10.000 personnes. Des migrants qui ne savent pas où ils vont aller désormais, mais qui ne désarment pas. Les policiers eux, se mobilisent en vue du démantèlement, avec 3.000 hommes prêts à intervenir.

Le démantèlement du bidonville de Calais pourrait commencer dès lundi prochain. Même si la préfecture ne confirme aucune date et dit attendre le feu vert du Ministère de l’Intérieur, le démantèlement de la Jungle de Calais pourrait débuter le 17 octobre prochain. C'est cette date qui avait été avancée par le Défenseur des Droits Jacques Toubon la semaine dernière, conformément à ce qu’avait annoncé François Hollande le 26 septembre dernier. Selon les derniers comptages, la Jungle de Calais est encore habitée par 7.000 à 10.000 personnes. Sur place, certaines tentes ont déjà été abandonnées et les allées de la Jungle, bondées d’habitude se vident chaque jour un peu plus.

"Je ne sais pas où je vais aller"

Pour Mana, un jeune éthiopien de 23 ans rencontré par RMC, pas question d’attendre le démantèlement pour partir: "Je ne sais pas où je vais aller. Au départ j’étais venu pour passer en Angleterre mais là je n’ai plus le temps d’essayer. Les frontières sont trop fermées. Je dois aller dans un autre pays : je suis venu en Europe pour sauver ma vie, c’est toujours mon but. Je dois être fort. Et quitter la Jungle". Alors pour accompagner les migrants, les bénévoles leur distribuent des tentes, des valises, des sacs de couchages. En une semaine, l’Auberge des migrants en a collecté entre 1.500 et 1.800 grâce aux dons.

Les policiers se préparent, eux aussi

Les forces de police se préparent également au démantèlement du camp de réfugiés. Il faut réquisitionner le maximum de fonctionnaires pour cette opération inédite. Selon nos informations, toutes les demandes de congés ont par exemple été refusées au commissariat de Calais, comme au sein de la Police aux Frontières pour les prochaines semaines. Un millier de CRS basés dans toute la France, notamment à Nice, Narbonne et Toulouse se tiennent prêts pour venir prêter main forte à la centaine de policiers locaux. Au total, ce sont près de 3.000 fonctionnaires qui vont être mobilisés à partir du 17 octobre pour assurer le démantèlement. En attendant, la sécurisation de la zone ne faiblit pas: une vingtaine de véhicules de police font les aller retours chaque nuit entre le port, l’autoroute et la jungle.

P. Gril avec Marie Monier