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Faut-il extrader les jihadistes français arrêtés en Syrie et en Irak?

Thomas Barnouin, figure du jihadisme français, a été arrêté mi-décembre par les combattants kurdes en Syrie. La famille d'Imad Ibn Ziaten, assassiné par Mohamed Merah demande son extradition vers la France. La question du retour divise les avocats de familles du terrorisme en France.

Vétéran de la filière jihadiste du Sud-Ouest, Thomas Barnouin a été arrêté mi-décembre en Syrie par les combattants kurdes. Parti faire le jihad en 2014 avec femme et enfants, il a eu un rôle de référent religieux important pour les jihadistes francophones.

Quel sort lui sera réservé? Samia Maktouf, avocate de Latifa Ibn Ziaten dont le fils a été tuée par Mohamed Merah en 2012, va demander son extradition. Selon elle, il faut que cet homme de 36 ans réponde de ses actes devant la justice française:

"Il faudrait que ces terroristes criminels puissent répondre de leurs actes devant des juridictions françaises. Il faut rappeler que l'on a face à nous des personnes qui détiennent des informations de premier ordre sur les filières qui ont causé des attentats depuis 3 ans sur le territoire français sans parler de ceux qui étaient dans le premier cercle d'Abdelkader et Mohamed Merah. Il ne s'agit pas de réfléchir à l'avenir de ces terroristes mais la grandeur de notre démocratie face à la terreur et à la barbarie qu'ils veulent instaurer nous dictent l'exigence de les rapatrier pour qu'ils puissent répondre à notre justice française".

A l'inverse, Jean Tamalet, autre avocat de familles de victimes du terrorisme en France, estime que c'est à la justice locale de les juger:

"Sans rien enlever de l'horreur des attentats qui ont été commis en France, et du deuil épouvantable des familles de victimes, il ne faut pas oublier les exactions abominables auxquels ces individus ont directement participé sur les territoires en question. On parle de tortures, d'abominations dignes de l'Allemagne nazie.
Nous ne devons pas, au nom d'une sorte de suprématie occidentale, écraser la justice locale, passer devant et vouloir absolument les faire juger en priorité ici au nom de notre conception très universelle des droits de l'Homme, comme pour les protéger de la justice locale devant laquelle ils risquent la peine de mort. Je pense que quelle que soit la conviction que l'on puisse avoir contre cette peine de mort, nous devons respecter les cultures, respecter les civilisations, respecter la justice locale devant laquelle ils devront répondre des actes abominables qu'ils ont commis là-bas".
Claire Andrieux (avec P.B.)