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Guerre en Ukraine: de nouvelles frappes sur la centrale de Zaporijia tout le week-end

Vue de la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine.

Vue de la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine. - AFP

La centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d'Europe, a été la cible d'une douzaine de frappes samedi et dimanche. Russes et Ukrainiens s'accusent mutuellement, alors que l'Agence internationale de l'énergie atomique juge la situation "gravissime".

De nouvelles frappes ont touché ce week-end la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine. Cette centrale, la plus grande d'Europe, est occupée depuis mars dernier par l'armée russe. Et les deux camps s'accusent mutuellement.

La douzaine de frappes a touché une zone qui abritait du combustible nucléaire. Mais le pire a été évité, assure Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en physique nucléaire.

“Ce n’est pas anodin, évidemment. Aujourd’hui, il n’y a aucun risque de rejet radioactif dans l’environnement. Les bombardements n’ont pas touché de zones extrêmement critiques”, assure-t-elle.

Pourtant, il faut à tout prix faire taire les armes à proximité de la centrale, alerte la chercheuse associée à la Fondation pour la Recherche Stratégie, Lova Rinel. “On n’a jamais connu un conflit où une centrale nucléaire fait l’objet d’une cible tactique sur une question de front militaire. Parce que derrière la question des frappes, se cache le risque d’incidents”, explique-t-elle.

Peu de chances d'accord sur une sanctuarisation

L'Agence internationale de l'énergie atomique réclame un accord entre Ukrainiens et Russe. Difficile, prédit la spécialiste de la dissuasion nucléaire.

“L’un des vrais enjeux, c’est qui sera en charge de la souveraineté de Zaporijia parce que c’est une centrale ukrainienne. Les Russes sont venus la voler et elle est sur un territoire occupé. Et c’est ça, le sujet”, précise-t-elle.

La centrale nucléaire de Zaporijia est à l'arrêt depuis début septembre, mais les six réacteurs continuent d'être réfrigérés pour éviter tout incident.

Nicolas Ropert avec Guillaume Descours