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Guerre en Ukraine: Lviv, la ville ukrainienne refuge pour ceux qui fuient les combats

Depuis le début de la guerre, le 24 février dernier, la vie de nombreux Ukrainiens a été complètement chamboulée. Une partie des hommes ont pris les armes, plus d’un million de femmes et enfants ont quitté le pays. Mais certains Ukrainiens ont trouvé refuge à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine.

La vie continue. Même en temps de guerre. Olya, est une jeune femme de 22 ans. Enceinte de jumeaux, elle a quitté cette semaine la ville de Zaporijia, dans le Sud-Est du pays, là où se trouve la plus grande centrale nucléaire du pays, qui a été prise par les Russes vendredi matin. Cette future maman a fui les bombardements qui se rapprochaient de sa maison.

Se mettre à l’abri, à contrecœur

Elle est venue à, contrecœur, se mettre à l’abri avec sa mère et son petit frère à Lviv laissant derrière elle son père et son mari: "Mon mari a pris les armes pour défendre notre ville. Mon père travaille lui dans un hôpital où il soigne les blessés. Je suis très fier de leur engagement", explique-t-elle, concédant tout de même avoir "très peur pour eux".

"La seule raison pour laquelle je suis partie c’est que je suis enceinte. Je vais bientôt accoucher. Je ne pouvais vraiment pas donner naissance là-bas, c’était beaucoup trop dangereux. Les maternités et les hôpitaux sont visés par l’armée russe. J’espère accoucher ici et ensuite je compte bien retourner chez moi pour rejoindre mon mari et mon père", assure-t-elle.

Une ville qui se militarise

Lviv est devenu un véritable refuge pour beaucoup d’Ukrainiens qui fuit les régions où les combats font rage. La ville est pour le moment toujours épargnée par les affrontements mais elle se militarise de plus en plus. Des check-points ont été dressés à toutes les entrées de la ville, des hommes armés patrouillent en ville.

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Lviv se tient prête en cas d’attaque russe. Les autorités ont commencé à protéger aussi le patrimoine de la ville. Les statues ont été emballés dans des couches de plastique. On a aussi vu des ouvriers monter des palissades en bois aux fenêtres de la cathédrale catholique de Lviv, une basilique du 14e siècle dans la vieille ville. Des initiatives qui disent beaucoup de choses sur l’état d’esprit des habitants.

"Ici, nous protégeons tout simplement ce que nous avons", explique Aleksander qui travaille dans un café juste en face de cette cathédrale. "Nous mettons à l’abris les gens, les statues, les musées. On fait notre maximum pour protéger tout le monde et cela inclus aussi notre patrimoine."

Une ville de culture qui se protège

Lviv est une ville d’art et d’histoire. Un cathédrale broque-rococo, un opéra sur modèle de celui de Paris, des façades 'Renaissance': cette ville est un centre culturel en Ukraine depuis le XIVe siècle. "Je suis vraiment très inquiet que tout ça puisse être disparaitre", poursuit Aleksander.

"Si la ville est bombardée, ce serait un désastre aussi pour l’ensemble du monde culturel. Ce patrimoine : c’est notre âme, c’est notre culture. Le détruire reviendrait à effacer plusieurs milliers d’années d’histoire. Je préfère ne même pas y penser."

Face à une guerre, ces protections peuvent paraître symboliques. Personne ne sait si elles protègeront le patrimoine de la ville en cas de bombardement. Mais les Ukrainiens sont témoins tous les jours de destructions immenses dans certaines de leurs villes. Ils tentent, alors, de protéger leur histoire, comme ils peuvent, face à la menace russe.

Nicolas Ropert (avec MM)