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Il a fait exécuter des manifestants et un Irano-Britannique: qui est "le juge de la mort" en Iran?

Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré dresse le portrait du juge iranien Abolqasem Salavati, au surnom évocateur de "juge de la mort".

Il est surnommé "le juge de la mort". En Iran, un juge a provoqué la colère des occidentaux pour avoir condamné à mort un homme qui avait la double nationalité iranienne et britannique. Un haut fonctionnaire, qui a été accusé d'espionnage, a en effet été condamné mercredi dernier et exécuté samedi à l’aube. Le juge qui l’a condamné s’appelle Abolqasem Salavati. Il a 60 ans, c’est un ancien milicien qui a combattu pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak et qui a ensuite été nommé procureur puis juge sans que l’on soit sûr qu’il ait étudié le droit ou obtenu le moindre de diplôme.

C'est donc un "self made man" de la justice ou plutôt de la terreur. Il exerce aujourd’hui à la chambre criminelle de Téhéran, celle qui juge des affaires sensibles impliquant des opposants politiques, des journalistes, des écrivains. On le surnomme le juge de la mort, ou bien le juge qui pend, tant il a souvent prononcé la peine capitale. Ses audiences sont expéditives, les accusés et leurs avocats n’ont quasiment pas la parole. Il est à la fois procureur et président. Et à la fin, il tranche seul, il n’y a pas de jury…

C’est le premier qui a fait exécuter un manifestant, un jeune homme accusé d’avoir blessé un policier lors des manifestations récentes contre le port du voile obligatoire.

L’annonce de sa mort démentie

Ce juge de la mort vit sous haute protection. A une époque, il voyageait a l’étranger et venait voir sa fille qui vit entre la France et la Grande-Bretagne. Mais désormais, il est sous le coup de sanctions européennes et américaines. Il ne sort plus de Téhéran… Et il ne circule qu’entouré de sept gardes du corps. Il porte lui-même deux revolvers à la ceinture.

Pourtant, la semaine dernière, on l’a cru mort. Plusieurs sources d’opposition ont annoncé qu’il avait été assassiné à son domicile de cinq balles de pistolet. L'information a ensuite été formellement démentie par le patron de l’agence de presse iranienne, qui dit l’avoir eu au téléphone après l’annonce de son assassinat… Le journal Le Parisien estime que si le régime devait tomber, il deviendrait vite un des hommes les plus recherchés du pays.

Nicolas Poincaré