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Iran, Chili, Hong Kong… Les contestations sociales se multiplient dans le monde entier

Un vent de contestation souffle sur de plus en plus de pays. De Hong Kong au Liban, de l’Irak à Haïti. Et depuis Vendredi, on assiste à une révolte inattendue en Iran.

Vendredi dernier, le président Iranien a fait une annonce surprise. Une augmentation de 50% du prix de l’essence. Le litre de Super passe de 7 à 11 centimes d’euros. Pour le premier plein du mois. 

Après 70 litres, l'augmentation est de 300%, 22 centimes le litres. Cela reste le carburant le moins cher du monde, mais c’est la goutte de pétrole qui a fait déborder le vase.

Dès l’annonce vendredi, les automobilistes et les routiers ont bloqués les routes dans tout le pays. Des émeutes ont éclaté dans toute les villes, même les plus petites. Le pouvoir des ayatollah a autorisé l’armée à intervenir, qui a tiré sur les foules. Amnesty international parle de 100 morts au moins en quatre jours. Peut être 200.

Les manifestants réclament la suppression de l’augmentation du prix de l’essence mais aussi la fin des couteuses interventions de l’Iran à l'étranger. Et de fait, l’Iran, et son armée dépense des fortunes en Irak, en Syrie au Liban et finance les partis palestiniens. C’est cette dernière dépense, pour les Palestiniens, qui est la plus contestée dans ce pays dont l’économie est à genoux. A cause des sanctions américaines.

Difficile de prédire comment va tourner cette soudaine révolution. Et difficile aussi de savoir ce qu’il se passe parce que le régime a complètement coupé Internet.

Juste à Côté de l’Iran, la contestation ne faiblit pas en Irak

Depuis le 1er octobre des manifestants campent sur la place Tahrir à Bagdad. La révolte est partie des quartiers populaires chiites qui protestent contre un pouvoir chiite. Ce n’est donc pas une guerre de religion, c’est un soulèvent politique et sociale. Le pouvoir, soutenu par l’Iran a fait tirer sur la foule. La perversité de la répression, c’est que ce sont des tireurs embusqués, des snipers, qui tuent les manifestants. Les autorités peuvent prétendre qu’elles n’y sont pour rien. Même si personne n’est dupe. 

Au début, ces snipers visaient les jambes et les fesses des manifestants. Désormais ils tirent dans les têtes. On compte 320 morts, pour l’instant.

Ce mardi encore, de violents affrontement ont eu lieu a Bassora et à Oum Kassar tout au sud du pays, en terre chiite. Mais la révolte touche aussi Mossoul, la grande ville sunnite du nord. 

Une révolution en cours au Liban

Beaucoup plus festive et moins réprimée heureusement. La jeunesse libanaise est descendue dans la rue pour protester contre le projet de faire payer les conversations téléphoniques sur WhatsApp. Au delà de ce prétexte, c’est un vieux système politique qui est contesté et ses vieux dirigeants. Le président, le général Aoun, 84 ans, le président du parlement Nabih Berri 81 ans, en poste depuis 27 ans. 

En Algérie aussi, c’est l’age du président qui a déclenché la révolte

Le vieux président Bouteflika qui voulait se présenter pour un 5e mandat à 82 ans. Mais ce n’est pas seulement son âge, c’est le fait qu’il était sénile. Plus personne n’avait entendu le son de sa voix depuis des années.

Les Algériens sont descendus dans la rue pour dire 'Basta'. L'armée a écarté le vieux chef, a emprisonné son frère et les dirigeants les plus corrompus. Mais l'armée pour l’instant est toujours au pouvoir et les algériens continuent de manifester tous les vendredis pour réclamer l'élection d’une assemblée constituante.

Cette révolte là dure depuis février dernier et n’est pas terminée. Au Soudan le scénario ressemble un peu à celui de l'Algérie. Un mouvement de contestation a fait tomber le dictateur Omar El Béchir, en poste depuis 30 ans, inculpé par la cour pénale internationale pour crime contre l’humanité. Mais les contestataires n’ont pas gagné, ils doivent composer avec l'armée qui est restée au pouvoir pour l’instant.

Enfin à Haïti, depuis fin août c’est encore une révolte violente. Le pays est totalement bloqué. Les écoles et les services publics sont arrêtés. Des commissariats attaqués, des tribunaux incendiés, même les hôpitaux sont saccagés. Le bilan est d’au moins 40 morts. Tout a commencé à cause d’une flambé du prix du carburant.

Le cas particulier de Hong Kong

Dans tous les pays dont on vient de parler, on assiste à des mouvement sociaux. Les plus pauvres manifestent contre des régimes vieillissants et corrompus. Alors qu'à Hong Kong, c’est une révolte politique.

Les manifestants défendent la démocratie. Ils ne veulent pas de la dictature communiste chinoise qui menace de ne plus respecter le statut particulier de l’ancienne colonie anglaise.

Après d’immenses manifestations pacifistes au printemps dernier, les choses sont en trains de mal tourner. Autour de l’université, l'armée menace de tirer à balles réelles et les manifestants ont sorti des arcs des flèches et des arbalètes.

En tous cas de Hong Kong à Téhéran, Bagdad, Port aux Prince, Khartoum, Alger, 2019 est l’année de la mondialisation de la contestation.

Nicolas Poincaré