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Italie: qui est Giorgia Meloni, la favorite pour devenir présidente du Conseil italien?

Mère, italienne, chrétienne qui promet de défendre Dieu, la famille et la Patrie face à l'islamisation. Giorgia Meloni, cheffe de Fratelli d'Italia, parti des héritiers de Mussolini, est la favorite pour devenir la prochaine présidente du Conseil en Italie, après les élections de ce dimanche en Italie.

Elle va peut-être succéder à Mario Draghi. Si Giorgia Meloni remporte les élections générales ce dimanche, en Italie, elle serait la première femme à diriger ce pays. Dans les derniers sondages d'opinion, son parti, Fratelli d'Italia, est crédité de 25% des voix et l'ensemble de la coalition de droite et d'extrême-droite qu'elle mène de 45% des suffrages. À ses côtés dans cette coalition: Silvio Berlusconi, l'ancien président du Conseil, Matteo Salvini, de la Ligue, et elle: Giorgia Meloni, archi-favorite pour accéder au Palazzo Chigi, siège de la présidence du Conseil des ministres italien.

Il y a deux ans, lors d'un meeting à Rome, elle s'était présentée ainsi: "Je suis Giorgia, je suis femme, je suis mère, je suis italienne, je suis chrétienne". Ce jour-là, elle avait promis de défendre Dieu, la famille et la Patrie "contre l'islamisation". C'est sa ligne. Elle n'en a jamais bougé.

"L'héritière de Mussolini"

Giorgia Meloni a 45 ans. Elle a grandi à Rome. Abandonnée par son père elle a été élevée par une mère très catholique. A 15 ans, elle adhère au MSI, le parti créé en 1945 par les héritiers de Mussolini et en devient la cheffe des jeunesses du parti. A 29 ans, après une courte carrière de journaliste, elle est élue députée puis devient ministre de la jeunesse de Silvio Berlusconi. Finalement, elle a pris son envol il y a dix ans, en fondant, sur les ruines du MSI, le parti "Fratelli d'Italia". Elle y défend la fermeture des frontières, est contre l'adoption pour les couples homosexuels, elle prône un modèle familial chrétien-nationaliste-traditionnel.

En Italie on la compare souvent à Marine Le Pen. Elles ont un peu le même caractère. Elles dirigent toutes les deux des partis d'extrême-droite et veulent se dédiaboliser. La semaine dernière, Giorgia Meloni a condamné le régime de Mussolini bien plus clairement qu'auparavant. Elle a tenté de faire oublier qu'elle se présentait elle-même comme "l'héritière de Mussolini". Elle a aussi fait le ménage au sein de son parti en renvoyant un certain nombre de nostalgiques du IIIe Reich.

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Anti-russe depuis le début de la guerre en Ukraine

Elle a mis beaucoup d'eau dans son vin sur la question de l'Europe. Elle a par exemple enregistré une vidéo en quatre langues pour demander aux européens de ne pas avoir peur d'elle et de ne pas croire ce qu'on dit d'elle dans les journaux. Surtout, depuis le début de la guerre en Ukraine, elle a adopté une position très anti-russe, contrairement à la plupart des mouvements souverainistes en Europe ou à certains de ses alliés.

Malgré tout, elle ne cache pas que le dirigeant européen le plus proche d'elle est Viktor Orban, le Premier ministre hongrois. Celui que le Parlement européen vient de qualifier d'"autocrate", en disant que la Hongrie n'était plus vraiment une démocratie. En cette fin de campagne, elle a répèté à qui veut l'entendre qu'elle est prête à gouverner. "Siamo pronti" (Nous sommes prêts) est son slogan.

Nicolas Poincaré (avec MM)