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"J'ai perdu mon travail, je n'ai pas d'argent, je ne peux pas sortir": l'appel à l'aide d'une journaliste afghane coincée à Kaboul

DOCUMENT RMC - Depuis le 15 août, Azada une jeune journaliste afghane de 26 ans, vit cachée, dans la peur des talibans. Son frère, qui vit en France, tente en vain de la faire venir.

C'est un appel à l'aide. Jeune journaliste afghane de 26 ans, Azada est coincée à Kaboul depuis le retour au pouvoir des talibans qui se sont emparés de la capitale du pays le 15 août dernier: "Ma vie est en grand danger", assure-t-elle à RMC, alors qu'elle travaillait auparavant pour un média rattaché à l'ancien gouvernement.

Comme pour des milliers d'Afghans qui cherchent à quitter le pays, son quotidien se résume désormais à une histoire de survie:

"J'ai perdu mon travail, je n'ai pas d'argent, je ne peux pas sortir. Je change de maison tous les jours parce que les talibans traquent les journalistes porte par porte".

"C'est la mort ou l'esclavagisme sexuel qui l'attend"

Son frère, Kader, qui vit en France depuis 16 ans, essaie de joindre, en vain, la cellule de crise du gouvernement. Il craint de ne plus jamais revoir sa sœur si elle n'est pas rapatriée à temps :

"J'appelle au secours. Elle est jeune, de minorité hazara (une minorité afghane chiite persécutée par les talibans, ndlr) et journaliste, c'est vraiment une cible. Il faut qu'elle soit soutenue parce que si elle ne trouve pas de solution, c'est la mort ou l'esclavagisme sexuel qui l'attend", s'inquiète-t-il.

Pour s'en sortir, Azada pourrait essayer de se rendre directement à l'aéroport. Mais cette option reste très risquée à cause des barrages mises en place par les talibans.

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Alexandre Distel avec Guillaume Dussourt