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Le cri du coeur d'un grand-père de 4 petits en Syrie: "Aucun enfant n'est irrécupérable!"

TEMOIGNAGE RMC - Que vont devenir les enfants de jihadistes français en Syrie? Les familles s’impatientent et réclament un rapatriement immédiat.

Cinq mineurs orphelins français ont été rapatriés en provenance de Syrie. Ils ont atterri vendredi dernier à la base aérienne de Villacoublay dans les Yvelines. Parmi ces cinq orphelins rapatriés, deux filles mais aussi 3 frères, âgés de 1 à 5 ans. Enfants d'une jihadiste française probablement morte en début d'année après un bombardement.

Un état de santé très dégradé

La décision a donc été prise de les ramener en France au nom des "intérêts supérieurs de l'enfant", "au regard de la situation particulièrement vulnérable de ces très jeunes enfants", a précisé le Quai d'Orsay. En clair, ces cinq orphelins ont été évacués pour raison sanitaires et vont maintenant être pris en charge par les autorités. 

Sur RMC, Pierre, grand-père de quatre enfants âgés de 9, 4, 2 ans et 5 mois, a lancé un appel pour les retrouver en France. Ils vivent actuellement dans le camp kurde de Roj, dans le nord de la Syrie, dans des conditions sanitaires dégradées. 

Face à Jean-Jacques Bourdin, Pierre a expliqué la situation, et notamment celle de l'aîné des enfants:

"Cela fait 11 mois qu'ils sont dans un camp kurde. Ce que je peux vous dire, c'est qu'ils attendent, comme nous, leur retour. L'aîné à 9 ans et a connu 5 ans de vie ici, qui le rendent nostalgique. Quand il a eu vent d'un éventuel retour, il a sauté de joie. Aujourd'hui, c'est de nouveau la déception. Il a connu 5 ans de vie en France, 2 ans chez Daech. Depuis un an, il vit dans ce camp. (...) Il nous réclame de rentrer en France pour reprendre une vie normale. Il nous a demandé il y a quelques semaines des photos de sa chambre et de ses jouets."

Interrogé sur la polémique autour d'éventuels retours, Pierre dit "entendre" ces critiques mais qu'il ne peut "pas les accepter". Avant d'estimer qu'"Aucun enfant n'est irrécupérable, il faut soigner les traumatismes". 

"Ce ne sont pas du tout l'image qu'on peut s'en faire, d'enfants biberonnés à la haine, qui seraient dangereux. Ils ne veulent que retrouver une vie normale, aller à l'école et lire des livres. Chaque enfant là-bas a son histoire, a son vécu et un certain nombre de traumatismes différents. Mais aucun n'est irrécupérable. Ce n'est pas possible. Il faudra les traiter bien sûr. Mais ce qui le motive, c'est le retour et la reprise d'une vie normale" a-t-il plaidé.
Xavier Allain