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Les Talibans reprennent du contrôle en Afghanistan: qui est Ismail Khan, chef local qui tente de résister?

L'Afghanistan retombe peu à peu aux mains des talibans qui ont déclenché début mai une offensive contre les forces afghanes, profitant du récent retrait des 10.000 soldats de l'Otan. Les fondamentalistes islamistes n'ont plus grand monde sur leur chemin pour résister, si ce n'est: Ismail Khan, un puissant chef de guerre local opposé aux talibans.

En Afghanistan, à la faveur du retrait progressif des forces armées internationales, mais surtout américaines à la fin du mois d'août, les Talibans poursuivent leur offensive dans le nord du pays et continuent de s’emparer de capitales régionales. Dimanche, 3 sont tombées sous leur contrôle, un à un les bâtiments politiques et administratifs sont pris par les Talibans. Ils contrôlent désormais 5 des 34 capitales provinciales afghanes.

Les fondamentalistes islamistes n'ont plus grand monde sur leur chemin pour résister, si ce n'est Ismail Khan, un puissant chef de guerre local opposé aux Talibans. Sa longue barbe blanche porte l'espoir d'un cadeau providentiel pour tout ceux qui croient en lui, petits et grands Afghans, épris de libertés.

75 ans de lutte

Ismail Khan, tient les reines de la résistance face à l'ennemi depuis 75 ans, son âge. Bien au-delà de l'heure de la retraite d'un chef de guerre, qu'il est encore et toujours. Il n'aura donc jamais quitté le chevet de son Afghanistan. Assiégée par les troupes soviétiques dans les années 80, face à l'armée rouge, Ismail Khan, Moudjaidine adulé, coordonne la résistance, à distance avec le Comandant Massoud. Deux héros à jamais liés dans l'histoire d'un pays martyrisé par le destin, qui ne voit en ses mystérieuses montagnes, qu'un champ de batailles et de haines, celles des Talibans, que Khan contient depuis plus de 25 ans.

Il les a repoussé du pouvoir aux côtés des Américains, au début de ce siècle après la chute des tours jumelles. Son parcours suit les chemins sans perspectives de son pays. Un jour capturé et emprisonné, le lendemain gouverneur, ministre, émir de l’ouest Afghan, où il protège sa terre: la province d'Herat, assiégée depuis cette semaine par les fous de dieu.

"Nous rejoindrons bientôt le front et, avec l'aide de Dieu, nous changerons la donne", avait-il alors proclamé, sorti précipitamment d'une improbable retraite.

Alors il faut croire en la barbe blanche d'Ismail Khan, elle a la couleur de la paix et de ses histoires qui aident les enfants à s'endormir les yeux plein d'étoiles. Même quand le démon Taliban frappe à la porte.

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Frédéric Brindelle (avec J.A.)