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Manifestations en Algérie contre Bouteflika: "C'est une éruption inédite"

Hacen Ouali, journaliste politique au quotidien algérien francophone El Watan, et décrypte ce lundi matin sur RMC les manifestations qui se multiplient après la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat.

Les manifestations se multiplient en Algérie contre le pouvoir en place. "Pouvoir, Assassin", "Il y en a marre, il y en a marre, il y en a marre de ce pouvoir" ou encore "Ni Bouteflika, Ni Saïd" chantaient les manifestants réunis dimanche à Alger.

C’est la troisième manifestation de rejet contre la nouvelle candidature du président Abdelaziz Bouteflika en trois jours, dans la capitale. Ils étaient moins nombreux que vendredi, et répondaient à l'appel d'un mouvement citoyen 'Mouwatana" - alors que la mobilisation de vendredi était une mobilisation populaire -, répondant à des appels lancés par des anonymes sur les réseaux sociaux.

Cloué sur un fauteuil et rares apparitions

En Algérie pourtant, les manifestations sont strictement interdites. La police, débordée par le nombre, n'avait pu les en empêcher.

Un 5e mandat brigué alors que le président est affaibli par un AVC dont il a été victime en 2013. Le chef de l'Etat est également cloué sur un fauteuil roulant et n'apparaît que rarement en public. Il devait d'ailleurs s'envoler hier pour des examens médicaux en Suisse.

"S'il est apte à gouverner pour un cinquième mandat on veut l'entendre !"

Des manifestations dans lesquelles on retrouve toutes les couches de population, dans toutes les régions d'Algérie. Un portrait de Bouteflika a même été arraché sur un bâtiment public, dans l'est du pays (Annaba). Inédit selon Hacen Ouali est journaliste politique au quotidien algérien francophone El Watan.

"C'est une éruption inédite dans le sens où les Algériens étaient vus comme des gens un peu démobilisés, désintéressés, démissionnaires... Et subitement, l'annonce de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika a été une onde de choc. Ca bouge sérieusement c'est inédit, c'est une question de dignité, d'honneur. Les Algériens pensent à juste titre qu'on veut le maintenir pour piller encore le pays, pour garder le pouvoir... S'il est apte à gouverner pour un cinquième mandat on veut l'entendre !"
Alice Froussard (avec James Abbott)