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"On ne sait toujours pas si les blessures de ma mère sont graves": inquiétude et colère des Libanais de France après la double explosion de Beyrouth

Après la double explosion sur le port de Beyrouth, des dizaines de personnes sont portées disparues, 300.000 personnes se retrouvent sans abri. En France, la communauté libanaise suit la situation avec beaucoup d’inquiétude.

Depuis la catastrophe, Philippe El-Hajj appelle sa mère plusieurs fois par jour pour prendre de ses nouvelles : "Ma mère a été propulsée par le souffle de l’explosion, elle a une jambe qui a été touchée. On ne sait toujours pas si c’est grave ou non, elle n’a même pas pu passer aux urgences tellement les hôpitaux et les urgences sont à 200% de leurs capacités normales".

Une terrible angoisse mêlée de souvenirs traumatisants du passé : "Quand j’ai appelé ma mère elle était en larme. Elle pleurait, elle criait. Les premières images qui reviennent à leur tête c’est celles de la guerre civile et de la guerre de 2006".

"On en a marre de voir notre pays saigner"

Un choc et beaucoup de tristesse qui peu à peu laissent place à une immense colère : "On en a marre tout simplement de voir notre pays saigner comme ça, à mort et qui se prend à chaque fois de plus en plus de coups. À un certain point ça deviendra fatal".

À Toulouse, la solidarité s’organise, Anthony Kheir, secrétaire de l’association des libanais de Toulouse lance un appel : "La France pour le Liban, c’est sa mère. Donc le Liban à besoin de votre aide. Pas seulement financière mais aussi des habits, des aliments car en fait, c’est le port principal du pays et il est détruit". Et l’association des Libanais de Toulouse souhaite mettre en place une collecte de dons pour les victimes de la catastrophe.

Estelle Henry (avec G.D.)