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"Opération de combat", une victime enfant d'un ancien ministre: ce que l'on sait de la mort des 13 militaires français au Mali

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Treize militaires français de l'opération antijihadiste Barkhane ont trouvé la mort au Mali dans la collision accidentelle de deux hélicoptères.

L'Elysée salue "des héros". Treize militaires français de l'opération antijihadiste Barkhane ont trouvé la mort au Mali dans la collision accidentelle de deux hélicoptères, a annoncé mardi la présidence française.

Il s'agit de l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, qui avait fait 58 morts.

Parmi les victimes, figure le fils de l'ancien ministre et sénateur centriste français Jean-Marie Bockel, a confirmé ce dernier. Sept des militaires tués appartenaient au 5ème régiment d'hélicoptères de combat de Pau et quatre autres au 4ème régiment de chasseurs de Gap.

Durant une "opération de combat"

L'accident est survenu lundi soir dans le Liptako, dans la région de Ménaka, aux confins du Mali, Niger et Burkina Faso, pendant une "opération de combat". Un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manoeuvre et d'assaut Cougar, selon l'état-major des armées.

L'accident est survenu lundi, à 19h40 heure française, lors d’une opération de grande envergure, au sud-est du pays. Selon l’Etat-major des Armées, les deux appareils volaient alors à très faible altitude. Aucun militaire présent à bord n’a survécu à ce crash.

Ces deux hélicoptères en opération agissaient en appui des commandos présents au sol au contact direct des groupes terroristes depuis plusieurs jours dans cette zone du Mali. Ces hommes armés tentaient alors de prendre la fuite à bord de pick-up et de motos.

Le ministère de la Défense précise, ce matin, que les opérations de secours et de sécurisation de la zone est toujours en cours.

Le président français Emmanuel Macron a salué "avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l'armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel", précise le communiqué. 

Dans un tweet, Edouard Philippe salue des "héros tombés pour leur pays".

Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française en 2013, avec l'opération Serval. Au mois de novembre, l'armée française avait déjà perdu un soldat au Mali, le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, dans l'explosion d'un engin explosif, dont la pose avait été revendiquée par le groupe État Islamique au Grand Sahara.

L'opération Barkhane, qui a succédé à Serval depuis août 2014, mobilise 4.500 militaires français dans la bande sahélo-saharienne, une étendue vaste comme l'Europe, en soutien aux armées nationales qui combattent des jihadistes affiliés au groupe Etat islamique ou à Al-Qaïda.

Le dernier accident mortel d'hélicoptères dans l'armée française remonte à février 2018, lorsque deux hélicoptères d'une école de l'armée de Terre s'étaient écrasés dans le Var, dans le sud-est de la France, après une collision en vol, faisant cinq morts.

Jérémy Trottin avec Xavier Allain