RMC

Panique face aux talibans en Afghanistan: comment la France va évacuer ces ressortissants via l'opération "Apagan"?

Les premiers vols de rapatriement vont commencer dès ce lundi.

L'organisation malgré le chaos. La première rotation aérienne d'évacuation de Kaboul organisée par l'armée française entre sa base aux Emirats et la capitale afghane tombée aux mains des talibans est prévue d'ici "la fin de ce lundi", a déclaré la ministre française des Armées Florence Parly.

"Nous planifions de faire la première rotation d'ici la fin de ce lundi", a déclaré la ministre, précisant qu'il y avait "plusieurs dizaines" de Français à évacuer, ainsi que des "personnes qui sont sous notre protection".

"Nous avons organisé sur la base dont nous disposons aux Emirats arabes unis les conditions d'accueil des premiers évacués, qu'il s'agisse de ressortissants français qui seraient encore à Kaboul, mais qu'il s'agisse aussi des personnes qui sont nous notre protection et que nous allons évacuer", a-t-elle dit.

>> A LIRE AUSSI - L'Afghanistan aux mains des Taliban: les images des scènes de panique sur le tarmac de l'aéroport de Kaboul

Opération "Apagan"

La base française aux Emirats "va servir de hub militaire pour assurer des norias entre Abou Dhabi et Kaboul et ensuite le rapatriement jusqu'en France", a-t-elle expliqué.

Parmi les dizaines de français à évacuer figurent notamment le personnel diplomatique, a déclaré la ministre.

Pour l’instant, la priorité absolue, selon le terme de l’Elysée, est d'"évacuer ses ressortissants, évacuer les personnels (afghans, ndlr) qui ont rendu d'éminents services à notre pays en nous aidant au quotidien, et par ailleurs faire le maximum pour mettre en protection des personnalités qui ont défendu les droits, les Droits de l'Homme, des journalistes, des artistes, tous ceux qui sont engagés pour ces valeurs que nous continuons de défendre partout dans le monde", a-t-elle dit.

Cette opération militaire d'évacuation, baptisée Apagan, mobilise notamment deux avions de transport de l'Armée de l'Air, un C130 et un A400M, qui ont décollé dimanche soir et lundi matin de France pour les Emirats. À leurs bords du personnel et du fret, notamment du matériel médical.

C’est un dossier qu’Emmanuel Macron suit heure par heure: il doit diriger à ce sujet un conseil de défense à midi avant une prise de parole ce soir à 20h. 

>> A LIRE AUSSI - Afghanistan: qui est le mollah Haibatullah Akhundzada, leader des Taliban?

Combien de Français ou de collaborateurs sur place?

Les autorités françaises assurent être "en contact avec les Français qui se sont signalés" et rappellent que ces "opérations d'évacuation méthodique de nos ressortissants sont en cours depuis des semaines".

Les Français présents en Afghanistan avaient été invités dès le mois d'avril à quitter le pays et un vol spécial avait été affrété par les autorités françaises le 16 juillet. L'Elysée a pour sa part souligné que la "priorité immédiate et absolue dans les prochaines heures (était) la sécurité des Français ainsi que des personnels sur place, français et afghans".

Paris fait valoir que la France est "l'un des rares pays" à avoir maintenu sur le terrain "les capacités de protéger les Afghans qui ont travaillé pour l'armée française, ainsi que des journalistes, des militants des droits de l'Homme, des artistes et personnalités afghanes particulièrement menacées" et a réitéré sa volonté de "continuer de mettre en protection les personnalités de la société civile afghane menacées pour leur engagement". 

Selon les autorités françaises, 625 Afghans employés dans les structures françaises présentes en Afghanistan et leur famille ont été accueillis depuis mai. La France, qui a eu recours ces dernières années à des civils recrutés localement pour aider son personnel sur place, en particulier des interprètes, avait déjà organisé l'accueil de 550 personnes avec leur famille entre 2013 et 2015 et de 800 en 2018 et 2019, précise l'Elysée. A l'instar d'autres pays européens, la France a suspendu depuis juillet les expulsions de migrants afghans déboutés de leur demande d'asile.

La France a été présente militairement en Afghanistan de 2001 à 2014 et a compté jusqu'à près de 4.000 soldats dans ce pays au plus fort de l'engagement de l'Otan, accusant 89 morts et 700 blessés.

Romain Houg (avec AFP)