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Pourquoi des livres comme "Harry Potter" pourraient être censurés en Hongrie?

"ANNE-SOPHIE VA PLUS LOIN" - La loi anti-LGBT avait provoqué un vent de protestation pendant l'Euro. Et aujourd'hui, elle a déjà des conséquences bien concrètes. Lesquelles ?

On revient sur cette loi anti-LGBT en Hongrie. Elle avait provoqué un vent de protestation pendant l’Euro de foot, et elle a déjà des conséquences bien concrètes. Nouvel épisode jeudi quelques heures avant que la loi ne soit appliquée, un livre pour enfants a été sanctionné.

Son tort, faire référence à des parents homosexuels. L’entreprise qui le distribue en Hongrie va devoir payer une amende de 700 euros. C’est l’illustration type de ce qui attend ce pays membre de l'Union européenne avec ce texte qui prévoit je cite: “que la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne soient pas accessibles au moins de 18 ans”. 

Des séries comme Friends, des films comme Billy Elliott ou Harry Potter qui parlent d’homosexualité pourraient par exemple être interdits aux mineurs ou diffusés après 22H. Des livres, des films, des publicités, vont vivre sous la menace d’une censure.

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Le gouvernement hongrois assure pourtant que la loi est seulement dirigée contre la pédophilie.

Et c’est bien tout le problème, enfin une partie du problème, c’est que le texte sur l’homosexualité s’inscrit dans le cadre de mesures qui visent à lutter contre la pédophilie. Donc, en clair, le texte assimile l’homosexualité et la pédophilie. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir chez nous. Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune dénonce une loi scélérate, un scandale.

L’Europe s’indigne, et après?

Lors du Conseil européen des 24 et 25 juin, le premier ministre hongrois Viktor Orban a été pris à partie le Parlement européen de son côté demande d’annuler le plan de relance hongrois qui devrait permettre à la Hongrie d’obtenir 7,2 milliards d’euros de subvention. La présidente de la Commission européenne menace de déclencher une procédure d’infraction.

Dans les faits, il sera difficile d’agir concrètement. L’Union européenne a deux mécanismes de sanctions à l’encontre d’un Etat membre, mais le premier se focalise surtout sur de la prévention et le deuxième conduit à la suspension de certains droits, mais il faut que tous les pays soient d’accord. Un gros point noir, difficile par exemple d’imaginer que la Pologne agisse contre la Hongrie.

C’est le levier financier qui pourrait être le plus facilement applicable, avec une réduction des subventions européennes, mais là encore beaucoup de flous et pas beaucoup de concret. Autre recours, saisir la Cour de justice de l’Union européenne qui peut prononcer des amendes…C’est le levier financier qui pourrait être le plus facilement applicable, avec une réduction des subventions européennes, mais là encore beaucoup de flous et pas beaucoup de concret.

Anne-Sophie Balbir avec Guillaume Descours