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Stephen Breyer, ancien juge à la Cour suprême des Etats-Unis, décoré par Emmanuel Macron

Le juge Stephen Breyer, le jour de la confirmation de sa retraite, avec Joe Biden à la Maison Blanche, le 27 janvier 2022

Le juge Stephen Breyer, le jour de la confirmation de sa retraite, avec Joe Biden à la Maison Blanche, le 27 janvier 2022 - SAUL LOEB © 2019 AFP

Stephen Breyer va être décoré par Emmanuel Macron. Cet ancien juge de la Cour suprême des Etats-Unis, où il a siégé pendant 28 ans, a pris sa retraite en juin à l'âge de 84 ans.

Stephen Breyer, ancien juge à la Cour suprême des États-Unis, va être décoré par Emmanuel Macron. C'était le doyen de la Cour suprême, avant son départ à la retraite en juin dernier à 84 ans.

Considéré comme un juge progressiste, représentant de l'aile gauche de cette institution, le temple du droit qui fonde la démocratie américaine, il a siégé pendant 28 ans et a dû défendre ses convictions avec ferveur et passion.

Il a toujours été opposé à la peine de mort, une position pas toujours évidente aux États-Unis. Autres combats chers à ses yeux, l’environnement, le droit au mariage homosexuel ou le droit à l’avortement.

Il était connu pour son air jovial, sa passion pour le débat, ses traits d'esprit, sa grande culture. Il est aussi capable de surprendre. En Californie, en 2005, une loi interdit la vente de jeux vidéo considérés comme violents aux mineurs. Quelques années plus tard, la Cour suprême invalide cette loi, au nom de la sacro-sainte liberté d'expression. Il est l'un des deux seuls juges de la Cour suprême à ne pas être d'accord et à voter pour le maintien de cette loi.

Ami de Robert Badinter

Stephen Breyer a eu un prestigieux parcours universitaire, collectionnant les diplômes dans les universités prestigieuses, Stanford, Oxford, Harvard. Il a été enseignant, et conseiller du procureur dans le scandale du Watergate. Il portait toujours, dit-on, un mince exemplaire annoté de la Constitution américaine dans la poche intérieure de sa veste. Difficile d'être plus passionné.

Stephen Breyer a des attaches avec la France. Il parle couramment français. C'est sans doute le plus francophile des juges américains. Il a glissé régulièrement dans ses discours des références à Proust ou à Stendhal. Il aime George Simenon et Arsène Lupin, qu'il lit dans le texte.

Il compte parmi ses amis l'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, qui voit en lui "ce que la culture et la justice américaine peuvent produire de mieux".

C'est un universaliste aussi, qui croit que l'on peut faire évoluer le droit des pays en utilisant des jurisprudences d'autres pays. Il a été remplacé officiellement le mois dernier par la juge progressiste Ketanji Brown Jackson, qui est devenue la première magistrate noire à siéger à la Cour suprême des États-Unis.

Rémi Ink