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IVG: "Ma gynéco a porté un jugement assez dédaigneux"

Le droit à l'avortement a près de 40 ans

Le droit à l'avortement a près de 40 ans - REMY GABALDA / AFP

Ce mercredi, l'Assemblée nationale s'apprête à voter un texte réaffirmant "l'importance du droit fondamental à l'avortement en France et en Europe". Car 40 ans après, le combat n'est pas terminé. En effet, les Françaises rencontrent encore de nombreux obstacles, que ce soit dans leur entourage ou dans le corps médical comme l'expliquent Charlotte, qui a eu recours à l'IVG, et Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du planning familial.

Il y a 40 ans jour pour jour, le 26 novembre 1974, Simone Veil, à l'époque ministre de la Santé, montait à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre le droit à l’avortement. Quarante ans après donc, pour célébrer cet anniversaire, l'Assemblée nationale va voter un texte ce mercredi réaffirmant "l'importance du droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France et en Europe". Car 40 ans plus tard, le combat n'est pas terminé. En effet, si une Française sur trois avortera au cours de sa vie, beaucoup rencontrent encore de nombreux obstacles, que ce soit dans leur entourage ou dans le corps médical.

C'est le cas notamment de Charlotte. Lorsqu'à 22 ans elle apprend qu'elle est enceinte, elle s'est d'abord sentie très seule comme elle l'explique à RMC : "Le ciel m'est tombé sur la tête. Je ne m'y attendais pas du tout et il fallait faire face. Mais c'était clair et net dans ma tête qu'il fallait avorter". Une décision bien acceptée par sa famille, un peu moins par sa gynécologue. "Elle n'était pas très réceptive au fait que je lui dise que je ne m'en étais pas rendue compte. Pour elle, ce n'était pas possible. Elle a porté un jugement assez dédaigneux" assure la jeune femme.

"Beaucoup de femmes qui ont recours à l'IVG passent encore pour des 'idiotes'"

Alors que plus de 200 000 femmes avortent chaque année en France, cette situation est loin d'être une exception à en croire Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du planning familial : "Le personnel médical peut avoir une attitude jugeante, moralisatrice. Par exemple, il arrive que des échographes demandent aux femmes si elles veulent entendre le cœur du bébé alors qu'elles souhaitent avoir recours à une IVG". Selon elle, "c'est un acte qui, s'il a été légalisé il y a quarante ans, n'est toujours pas légitimé par la société : les femmes restent coupables de ne pas avoir su maîtriser leur contraception".

Elle ajoute que "beaucoup de femmes qui ont recours à l'IVG passent encore pour des 'idiotes' en France. Car la pensée populaire dit que ces femmes ne sont pas très malines vu toutes les méthodes de contraception qui existent… Alors qu'en réalité, les chèques-contraceptifs c'est quelque chose de très compliqué". C'est pourquoi Marie-Pierre Martinet souhaite que "les batailles qui ont été menées par nos aînées il y a 40 ans se poursuivent. Il faut que les jeunes générations ne considèrent pas cela comme un droit acquis". A noter que pour améliorer l'accès à l'IVG dans tous les établissements et sur tout le territoire Marisol Touraine, ministre de la Santé, doit présenter un nouveau plan au mois de janvier.

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Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin et Juliette Droz