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"Je me suis rendu compte que mes enfants avaient été enlevés": la justice française a émis un mandat d'arrêt contre une Japonaise

TEMOIGNAGE RMC - Son fils et sa fille ont été enlevés par sa femme, une Japonaise, il y a 3 ans. Vincent ne les a jamais revu depuis.

Il demande toujours et encore à voir ses enfants. Nous vous avions raconté son histoire cet été, lors des Jeux Olympiques, à Tokyo: Vincent Fichot, un Français de 40 ans habitant dans la capitale nippone, se bat pour revoir son fils et sa fille. Sa femme, une Japonaise, est partie avec eux il y a 3 ans. Il ne les a jamais revus depuis.

Il y a désormais du nouveau: la justice française a émis un mandat d'arrêt contre l'épouse japonaise de Vincent. Ce mandat d'arrêt diffusé à l'international a été délivré pour des faits de soustraction de mineurs et de mise en péril d'un mineur.

Cette procédure est partie d'une plainte pénale déposée par M. Fichot à Paris en 2019 pour ces deux infractions, et qui avait donné lieu à l'ouverture d'une information judiciaire fin 2020. Cet ancien employé dans la finance, qui cherche à récupérer son fils et sa fille âgés aujourd'hui de 6 et 4 ans respectivement, avait alerté en menant une grève de la faim pendant trois semaines au pleine olympiade. 

Vincent n’oubliera pas ce 10 août 2018: il rentre de son travail dans une banque japonaise et découvre sa maison vidée, sa femme japonaise est partie avec ses deux enfants Tsusaba, trois ans, et Kaedé, 11 mois, alors.

“Je suis allé dans la chambre des petits et tout avait disparu. J’ai appelé mon épouse qui ne me répondait pas au téléphone et je me suis rendu compte que mes enfants avaient été enlevés”, indique-t-il.

Des kidnappings nombreux

230.000 euros d’avocats et de détective privé englouti et pas une seule nouvelle de ses enfants et de sa femme depuis ce jour. 

A 300 mètres du stade olympique de Tokyo où avait lieu la cérémonie d’ouverture des JO, Vincent nous confiait alors avoir "J’ai tout essayé, il ne me reste plus que ça. Mais ce n’est pas un cri de désespoir, c’est une action logique du fait que rien ne se passe et que notre gouvernement ne fait pas le nécessaire”, appuie-t-il.

Son action avait libéré la parole de nombreux parents dans la même situation que lui au Japon, étrangers aussi bien que japonais, pères comme mères. La garde partagée des enfants en cas de séparation des parents n'existe pas légalement au Japon, ce qui fait que les enlèvements parentaux y sont courants et tolérés par les autorités locales.

Même s'il ne s'attend guère à ce que sa femme soit interpellée au Japon, Vincent espère que ce mandat d'arrêt pèsera sur la décision du juge japonais devant se prononcer dans quelques mois sur l'attribution de la garde de leurs enfants, au moment d'acter le divorce.

"Comment un juge japonais peut attribuer la garde à une mère recherchée à l'international"? s'interroge-t-il, rappelant qu'il souhaitait toujours appliquer le principe d'une garde partagée pour ses deux enfants, dont il est sans nouvelles depuis plus de trois ans.

L'ambassade de France au Japon, de son côté, n'a pas souhaité s'exprimer sur un cas particulier: il fait partie d'un groupe de dix parents de quatre pays différents ayant porté plainte contre le Japon auprès du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en 2019 au sujet des enlèvements parentaux dans l'archipel nippon.

Morgan Maury et Léna Marjak avec Guillaume Descours