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JO 2016: comment les Cariocas ont vécu ces Jeux

REPORTAGE - Le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach a déclaré les Jeux de Rio officiellement clos dimanche, à l'issue d'une cérémonie de près de deux heures célébrant la grandeur de la culture brésilienne. Sur place, l'heure est au bilan et les sentiments sont partagés.

Adieu Rio ! Sous une pluie battante les Cariocas ont fêté, ce dimanche, la fin de leurs JO, les premiers d'Amérique du Sud, au mythique Maracana. Ils ont passé le relais à Tokyo, ville hôte des Jeux 2020, via un Premier ministre nippon, Shinzo Abe, déguisé en Super Mario ! L'heure est donc au bilan et de savoir quel héritage laisseront ces Jeux. Qu'en restera-t-il dans un pays en plein crise économique et politique ?

"Ça donne de l'espoir"

"Je suis tellement heureuse car notre ville a été merveilleuse. Notre fête à nous les Brésiliens c’est le Carnaval. Et bien ces Jeux ressemblaient à un vrai Carnaval", estime cette habitante. Eva considère, elle aussi, que ces Jeux vont laisser une trace positive dans Rio. "Les gens vont connaître un peu mieux les différentes cultures venues ici. Des gens qui n'ont pas l'opportunité de voyager ont reçu chez eux des touristes. C'est très intéressant".

Béatrice, avocate qui vit à deux pas de la plage d'Ipanema, voit, elle aussi, un avenir radieux pour Rio: "Il nous restera l’inspiration. Les valeurs olympiques nous ont montré que la persévérance, le travail d’équipe sont efficaces. J’espère que ça va nous donner beaucoup de force pour le futur. Oui nous avons des problèmes économiques et politiques, mais pendant quinze jours on les a oubliés. On a réussi à construire, à accueillir la planète ici. Ça donne de l’espoir. On a montré qu’on était un peuple optimiste, heureux. J’espère que ça restera, et que ça nous rendra meilleur".

"Ils ont maquillé Rio pour les Jeux"

Mais, en s’éloignant un peu des quartiers huppés du sud de Rio, l’ambiance n’est pas la même. Par exemple, dans l’immense favela de Rocinha, la plus grande du pays. Felipe n’attendait rien des JO: "Sincèrement non, parce que tous ces investissement ne serviront à rien pour nous, les pauvres Cariocas". Un sentiment partagé par Marta qui vit aussi à Rocinha. "Les gens qui vivent près de la plage, les gens riches ont aimé ces Jeux Olympiques. Mais nous, ceux qui vivent dans les favelas, qui vivent dans la réalité de ce pays, ils s’en fichent", affirme-t-elle.

Et d'estimer: "Ils ont maquillé Rio pour les Jeux. Ils ont fait un métro pour faciliter l’accès aux Jeux, mais, nous, on n’est pas concerné ! Ça n’a pas été fait pour le peuple ! Moi ces Jeux Olympiques, je n’en peux plus. Les avantages pour nous, je ne les vois pas, je ne les connais pas". Et comme pour toute les villes organisatrices, la question est maintenant de savoir quoi faire des infrastructures olympiques. Que faire maintenant des neuf enceintes du Parc Olympique par exemple?

"Rio est devenue une ville pour touristes, pas pour les habitants"

"Toutes ces arènes sportives sont prévues pour servir aux écoles publiques. C’est impossible car elles sont trop grandes, trop éloignées des quartiers qui en ont besoin, déplore Roberto journaliste indépendant. Pendant les JO, Rio est devenue une ville pour touristes, pas pour les habitants. Rien a été pensé pour la population". Autre thème important de ces Jeux: la sécurité. Si tout c'est bien passé, est-ce durable?

Pour Eva, optimiste, oui: "Si c'est possible pour deux semaines, c'est possible pour deux mois ou pour l'éternité. Il n'y a que la volonté qui manque". Après ces quinze jours de sports, la réalité va vite se rappeler aux Cariocas avec la crise économique et la crise politique, et notamment le procès de l’ancienne présidente Dilma Roussef qui s’ouvre dans quatre jours.

Maxime Ricard avec Thomas Chupin