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Les JO sous haute sécurité: "Je me sens beaucoup plus en sécurité ici qu'en France"

REPORTAGE – Suite à l'attentat de Nice qui a fait 84 morts, le Brésil a décidé de renforcer la sécurité des JO-2016 de Rio de Janeiro (5-21 août). Un thème sérieusement pris au sérieux par les autorités et par les policiers rencontrés sur place par RMC.

J-3 avant le début des Jeux Olympiques à Rio. Et sur les quatre kilomètres de la mythique plage de Copacabana, si l'ambiance est festive, les forces de l'ordre sont partout. Quasiment tous les 20 mètres, on retrouve l’armée, la police fédérale, la police civile, un hélicoptère et au large un navire militaire. Au total, près de 85.000 agents quadrillent la ville. "Rio n'a jamais été aussi sûre, assure Maoro, l'un des agents fédéraux. Nous n'avons jamais dû faire face au terrorisme et en quelques jours nous avons réussi à arrêter dix présumés terroristes".

La menace terroriste est donc un nouvel enjeu pour ces policiers. Un enjeu à risque comme l'avoue Rafael Garcia, de la police civile: "Il n’existe aucun pays véritablement préparer pour faire face au terrorisme. Le risque zéro n'existe pas Nous sommes entraînés, nous avons échangé avec d’autres pays et nous ferons notre possible contre le terrorisme".

"Il y a des militaires de partout"

Pourtant, sur place, les touristes ne sont pas plus inquiets que cela. "Franchement non, assure Olivier, venu du Canada. Je suis très prudent et il n'y a pas de raisons vu le nombre de militaires déployés. Il y en a vraiment de partout. Je ne sais pas s'ils sont vraiment efficaces mais cela donne une apparence de sécurité". Et même plus qu'une apparente sécurité estime Elies, un Français qui vient pour la quatrième fois à Rio.

"Je me sens beaucoup plus en sécurité au Brésil qu'en France, confie-t-il. En termes de terrorisme, c'est difficile de dire que l'on ne se sent pas en sécurité ici. Le Brésil n'est culturellement pas du tout un pays de guerres ou de tensions. Si l'on parle de sécurité ici c'est par exemple de ne pas montrer sa montre ou son gros téléphone au risque de se faire voler".

"La violence existait avant et existera après les JO"

Le vrai enjeu pour le gouvernement semble donc de gérer cette insécurité de rue et plus précisément celle dans les favelas. C'est sur ce thème que les policiers ont récemment manifesté. Ils ont même fait grève et accueilli les touristes à l'aéroport avec une immense pancarte sur laquelle était inscrit "Bienvenue en enfer". Un mouvement de colère expliqué par Rafael Garcia, de la police civile: "On demande aux policiers de faire le maximum tout en les payant un minimum. C'est un miracle ce que nous faisons tous les jours. Nous avons réussi à créer un ilot de sécurité pendant les Jeux mais la violence existait avant et existera après les JO".

"La violence est une question sociale et non de police, ajoute-t-il. C'est une question d'accès au logement, aux soins, à l'éducation… Quand ça sera réglé, la violence diminuera". Des policiers sous-payés et mobilisés comme rarement. Pourtant Maoro le promet: ils feront le travail au moins jusqu'à la fin des JO. "Il s'agit d'un événement international. Nous allons accueillir des sportifs et des supporters de toute la planète. Cela mérite le soutien de tous les Brésiliens. Les policiers, même fatigués et mal payés, feront tout pour que cela se passe bien".

Maxime Ricard avec notre envoyé spécial Thomas Chupin