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Jungle à Grande-Synthe: "Entre la boue, le vent, le froid, et l'hiver qui ne fait que commencer, c'est dur"

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Face à la "jungle" qui s'agrandit à Grande-Synthe, près de Dunkerque, le maire de la ville voudrait déplacer les réfugiés vers un nouveau camp aux normes humanitaires. Mais la préfecture refuse pour l'instant ce projet pour des raisons de sécurité.

A Grande-Synthe, dans la banlieue de Dunkerque, le camp de réfugiés s'agrandit. Les réfugiés sont passés d'une centaine à plusieurs milliers en l'espace de cinq mois. Alors que l'hiver se refroidit, le champ couvert de tentes ne suffit plus à abriter les hommes, les femmes et les enfants qui s'entassent dans cette nouvelle jungle.

Dans cette nouvelle jungle à ciel ouvert, la boue est partout et l'hygiène n'est qu'un vieux souvenir pour Reber: "Regardez-moi, je ne me suis pas douché depuis deux semaines".

Comme lui, Besh a fui l'Irak, il vit là depuis trois mois: "Je ne trouve même plus les mots. Entre la boue, le vent, le froid, et l'hiver qui ne fait que commencer, c'est dur. Les gens arrivent jour et nuit, on ne sait même plus où mettre les tentes".

Le seul réconfort, on le trouve à la cantine, construite par les humanitaires. Julien est volontaire, il vit à plein temps dans le camp depuis trois semaines: "Ceux qui s'installent bien mettent des palettes entre la boue et la tente pour s'isoler du froid. Ceux qui n'ont pas ça essaient de mettre des couvertures. Mais quand ça va geler ça va poser des problèmes de santé. Ce serait bien qu'on déménage maintenant".

La préfecture n'a pas donné son feu vert

Pour éviter une catastrophe humanitaire, le maire EELV de Grande-Synthe, Damien Carême veut créer un vrai camp de réfugiés avec Médecins sans frontières à seulement quelques centaines de mètres: "C'est une petite ville qu'on déplace il faut ramener de l'eau de l'électricité, il faut mettre du chauffage dans des tentes, mettre des sanitaires, des douches en nombre suffisant pour pouvoir accueillir ces personnes dans de bonnes conditions. Ces 3.000 personnes dans un camp comme ça avec 200 enfants c'est insupportable".

La construction prendra moins d'un mois et coûtera 2 millions d'euros à condition que la préfecture donne son feu vert. Elle a pour l'instant refusé ce projet humanitaire pour des raisons de sécurité, le terrain étant trop proche de voies de chemin de fer.

Un argument que ne comprend pas Christian Salomé, président de l'association l'Auberge des Migrants: "A Calais, on a mis des gens à côté de la rocade portuaire, pourquoi ne pas le faire de la même façon à Grande-Synthe? C'est vrai que la sécurité n'est pas assurée, elle n'est pas assurée à Calais non plus. Est-ce que le fait de garder ces gens dans des flaques de boue rend la situation meilleure, je ne le pense pas".