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L'ONCFS répond à l'Observatoire du loup: "Non, le loup n'est pas aux portes de Paris"

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- - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Ce mardi, à RMC.fr, Jean-Luc Valérie, président de l'Observatoire du loup, assurait qu'il y a actuellement "trois loups en Ile-de-France, deux en forêt de Rambouillet et un dans celle de Fontainebleau". Faux, lui répond ce mercredi, Eric Hansen, délégué inter-régional Centre-Val-de-Loire et Ile-de-France à l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).

Eric Hansen, délégué inter-régional Centre-Val-de-Loire et Ile-de-France à l'ONCFS:

"Du côté de l'ONCFS, avant de dire qu'il y a un loup, nous attendons des preuves factuelles. A ce jour, ce que nous avons pu constater, c'est qu'il n'y a pas de traces avérées de loup. Nous avons analysé les deux cadavres de chevreuils dont parle l'Observatoire du loup et nous attestons qu'il ne s'agit pas d'une signature d'un loup, contrairement à ce que dit l'association.

(A propos des viscères rouges consommées, et de l'intestin et l'estomac laissés de côté évoqués par l'Observatoire du loup) On a observé dans le détail les deux cadavres en question. Nous avons fait des photos, envoyées à des spécialistes. Ils ont confirmé notre position, à savoir que la tête du chevrillard a été enlevée. Ce qui est caractéristique du renard et non du loup. Il ne s'agit donc pas d'un acte de braconnage. En réalité, il se trouve que depuis un certain temps, quelques chevreuils sont morts des suites d'une maladie qui touche leur cerveau. Il s'avère que lorsque l'animal meurt, le cadavre ne reste pas longtemps intact car les renards, notamment, viennent s'y nourrir.

"Ce n'est pas une signature du loup. On en est persuadé"

Ce n'est donc pas le renard qui a tué ces deux chevreuils. Ils sont morts de maladie. Ensuite, le renard est venu et a posé des morsures sur l'arrière-train, a mangé une partie de l'intérieur. Mais les animaux sont très peu abîmés. Or, les loups sont des prédateurs donc, quand ils s'attaquent à un cadavre d'animal, il ne reste plus grand-chose. Dans le cas présent, ce n'est donc pas une signature de loup. On en est persuadé. Le problème est que nous faisons face à des structures associatives qui se prétendent spécialistes. Si FERUS (spécialiste du loup et l'ours) se rend à chaque fois dernière notre opinion, l'Observatoire du loup est dissident de tout le monde.

Cette association est composée de pseudos spécialistes qui assurent certaines choses et disent que, nous, nous ne savons pas. Nous, on reste factuel. On a des éléments précis qui nous permettent de dire qu'à ce jour, dans ce que nous avons pu constater, il n'y a pas de traces de loup. Pour autant, on ne dit pas que le loup ne viendra pas dans les forêts en Ile-de-France. Le loup est en effet en train de coloniser l'ensemble de la France. Par exemple, il est actuellement présent dans la Nièvre et progresse vers le nord, en direction de Paris. On a aussi identifié des populations de loups dans la Marne, à l'est de la capitale, dans les Vosges, le Jura ou encore les Alpes.

On sait donc que, à moyen ou court terme, le loup va se retrouver aux portes de Paris. Il va coloniser les forêts d'lle-de-France, qui sont très giboyeuses et dans lesquelles il pourrait tout à fait trouver de quoi se nourrir. Pour autant, cela n'apporterait aucun danger à qui que ce soit puisque le loup est déjà présent dans une bonne moitié de la France et ça ne pose aucun problème. Il faut donc rassurer les gens et éviter une psychose sur la présence ou non de cet animal.

"Il ne faut pas crier au loup trop vite"

Je ne vois pas quel serait l'intérêt de l'ONCFS de cacher des informations. Concernant, la tanière mentionnée par cette association, on veut bien aller la voir mais elle est incapable de dire où elle se trouve. De plus, s'il y a une tanière, cela veut dire qu'il y a une meute. Il faut savoir qu'une meute de loup tue, en moyenne, un animal par jour. Donc, dans des zones comme la forêt de Rambouillet, fréquentée par des millions de personnes, vous imaginez bien que l'on aurait retrouvé un très grand nombre de cadavres de bêtes tuées. Ce qui n'est pas le cas.

Le jour où le loup est installé, je peux vous assurer que l'on aura beaucoup de traces de sa présence. De même, ils indiquent avoir entendu les loups hurler la nuit. Or, dans les zones concernées, où vivent des millions de personnes, personne d'autre n'a entendu hurler. Je veux bien croire des choses mais là… Je pense donc que cette petite association a réussi son coup parce qu'on n'a jamais autant entendu parler d'elle. Il ne faut pas crier au loup trop vite. Le jour où il sera réellement aux portes de Paris, je peux vous assurer que nous communiquerons."

Propos recueillis par Maxime Ricard