RMC

Le compte Twitter de Mila brièvement suspendu: ce que l'on sait

Menaces de mort contre Mila: cinq personnes en garde à vue

Menaces de mort contre Mila: cinq personnes en garde à vue - RMC

Interrogé, la société américaine a reconnu "une erreur".

Twitter a suspendu dimanche pour "harcèlement" le compte de l'adolescente iséroise Mila, devenue l'un des symboles des persécutions sur internet, avant de revenir le lendemain sur sa décision devant l'émotion suscitée.

La jeune fille, qui compte plus de 20.000 abonnés, avait posté en soirée de vieux dessins d'enfance, avant d'être la cible de milliers de messages d'insultes et de menaces tels que "sale pute", "sale gouine", "sale islamophobe", a indiqué à l'AFP son avocat Richard Malka. A l'hebdomadaire Le Point, Mila reconnaît avoir répondu à certains, traitant l'auteur de l'un des messages de "puceau frustré", ce qui pourrait être à l'origine de sa suspension par le réseau. 

"C'est invraisemblable, elle n'est que victime", a relevé Me Malka, en dénonçant "une plateforme de l'arbitraire qui refuse d'appliquer les lois françaises, un réseau sans foi ni loi". "C'est comme si vous étiez agressé dans la rue et qu'on vous condamnait pour agression", a-t-il ajouté.

"Une erreur"

Sur la page de @magicalorrs, une pastille blanche a remplacé pendant quelques heures la photo de profil de la jeune fille tandis que le message "Twitter suspend les comptes qui enfreignent les Règles de Twitter" s'affichait. Interrogé, la société américaine a reconnu "une erreur". La décision d'intervenir a été "annulée et l'accès au compte a été rétabli". Ce qui était effectivement le cas en fin de matinée lundi.

 La suspension du compte de Mila avait auparavant suscité nombre de réactions indignées sur cette même plateforme.

"#Mila @magicalorrs poste un dessin d'enfant, se fait immédiatement conspuer et harceler. Twitter, n'écoutant que son courage qui ne lui disait rien, bloque le compte de la victime sous les applaudissements fanatiques des sycophantes haineux. @TwitterFrance vous devriez avoir honte", a réagi la Licra.
"En fermant le compte d'une jeune femme harcelée et menacée par les islamistes, #Twitter a choisi le camp des ennemis de la démocratie" a tonné Marine Le Pen. "Il est temps de protéger la liberté d'expression face au pouvoir exorbitant de ces plateformes privées et leurs abus répétés !", a estimé la présidente du Rassemblement national.

La vie de cette jeune fille a basculé en janvier 2020, quand elle a publié une vidéo devenue virale dans laquelle elle proférait de virulentes critiques sur l'islam. "Le Coran il n'y a que de la haine là-dedans, l'islam c'est de la merde", disait-elle dans cette vidéo, initialement diffusée dans une discussion personnelle.

Ses propos ont déclenché un déferlement de menaces, la contraignant à quitter son lycée de Villefontaine, en Isère. Après avoir été présentées à un procureur du pôle national de lutte contre la haine en ligne en février, cinq personnes âgées de 18 à 29 ans doivent être jugées le 3 juin par le tribunal correctionnel de Paris pour "harcèlement moral" et, pour deux d'entre elles, "menaces de mort".