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Les drones, nouveaux alliés des agriculteurs et de l'environnement

Les agriculteurs sont en passe de devenir les premiers utilisateurs de drones en France (Photo d'illustration).

Les agriculteurs sont en passe de devenir les premiers utilisateurs de drones en France (Photo d'illustration). - Alain Jocard - AFP

VOUS VOULEZ QUE ÇA BOUGE - Cette semaine, RMC vous donne rendez-vous chaque matin avec des éleveurs, agriculteurs, producteurs qui ont trouvé des solutions pour innover et lutter à leur manière contre la crise. Ce matin, quand les drones permettent aux agriculteurs de limiter l'emploi des pesticides et autres produits phytosanitaires.

Puisque leur utilisation est strictement encadrée en ville, autant qu'ils s'épanouissent à la campagne. Les drones sont le compagnon idéal des agriculteurs, qui sont en passe de devenir les premiers utilisateurs en France. Plusieurs milliers d'exploitants s'essayent à employer ces nouveaux bijoux technologiques pour optimiser les quantités d'engrais utilisées. Ce n'est pas du bio, mais ça évite le gâchis et l'épandage grossier et irréfléchi de pesticides et de produits phytosanitaires.

Il y a encore deux ans, Jean-Luc, exploitant à Penn Ker Glass, petit hameau breton des Côtes d'Armor, avait recours à des méthodes classiques pour épandre du fertilisant dans ses champs. Désormais, grâce à la coopérative dont il est membre, il peut faire appel à un prestataire qui dispose d'un drone. C'est Denis, jeune entrepreneur et propriétaire de la technologie, qui pilote depuis l'ordinateur, au sol. Dans un bruit d'essaim de bourdons, le drone quitte la terre pour mieux la scruter. Avec 4 appareils photos embarqués, le petit avion télécommandé cartographie la parcelle. Après un traitement informatique, il est possible de déterminer comment optimiser la dose d'engrais dans le champ. Les données sont stockées… dans une clé USB.

"On connecte la clé USB directement sur le boitier du tracteur. A partir de là il n'y a plus qu'à conduire, et à évoluer dans la parcelle", s'enthousiasme Denis.

"La quantité d'engrais adapté à chaque plante"

Grâce aux informations collectées par le drone, la quantité d'engrais azoté dispersé par le tracteur a donc été ajustée en fonction des besoins du sol. La prestation coûte 26 euros par hectare. Pour Jean-Luc les avantages de cette nouvelle méthode compensent largement l'investissement.

"En fonction du développement de la plante on peut arriver à limiter les doses et à faire des économies. Au niveau environnemental, c'est également bénéfique puisque l'engrais appliqué sera absorbé par la plante qui en a vraiment besoin, sans craindre d'effets négatifs sur l'environnement". Et voilà comment on évite de surcharger le sol de produits chimiques.

"Aux États-Unis, le tracteur avance tout seul, sans chauffeur"

L'agriculture aussi fait sa mue numérique. Et Kévin, le fils de Jean-Luc, âgé de 25 ans s'émerveille des perspectives qu'ouvrent les nouvelles technologies. "Aux États-Unis, par exemple, le tracteur avance tout seul, sans avoir besoin de chauffeur : il fait des aller-retours dans le champ. Ça évolue tellement vite maintenant qu'on se demande à quel niveau on sera dans 15 ans". Une certitude: dans les prochains mois, l'informatique devrait gagner les moissonneuses. Des capteurs pourraient être capables de chiffrer le rendement d'une parcelle au centimètre près.

Philippe Gril avec Benoît Ballet